[Mac] Dans la Time Machine #1 : une problématique vieille comme l’informatique

Time Machine, vous connaissez sûrement, mais savez-vous comment ça marche ? Dans notre série « Dans la Time Machine », nous allons vous expliquer le fonctionnement de cette solution de sauvegarde qui a sauvé beaucoup de fichiers… et de personnes. Mais pour commencer, un peu d’histoire.

La nécessité de faire des sauvegardes n’est pas une nouveauté : dès les débuts de l’informatique, les différents médias de stockage (cassettes, disquettes, disques durs, etc.) pouvaient poser des soucis de fiabilité et personne n’avait envie de perdre des données, pas plus aujourd’hui d’ailleurs.

L’idée d’effectuer une sauvegarde, c’est-à-dire une copie des informations sur un autre support, n’est pas neuve : certains achetaient un second lecteur de disquettes pour lancer facilement une copie, d’autres travaillaient avec des bandes magnétiques (c’est encore le cas dans le monde professionnel), des périphériques externes (ZIP, JAZ, SyQuest, etc.) ou tout simplement des disques durs externes (en SCSI, puis en USB ou en FireWire). Mais dans tous les cas, ces sauvegardes amenaient plusieurs soucis pratiques, qui existent toujours dans une certaine mesure.

Un lecteur de disquettes externe Apple, pratique pour copier (et sauvegarder).

Soyez prévenus, nous allons généraliser un peu la situation. Premièrement, beaucoup ne décident de sauvegarder qu’à partir du moment où ils perdent des données. Il suffit de poser la question à quelques personnes dans votre entourage pour comprendre le problème : certains surestiment la fiabilité du matériel, d’autres considèrent que les données ne sont pas importantes, au moins jusqu’à ce que les photos du petit dernier disparaissent dans un crash.

Deuxièmement, il y a ceux qui le font font mal. Nous n’allons pas vous exposer les recommandations des plus intégristes, mais le minimum semble être une sauvegarde régulière et la présence d’une copie des données. Là aussi, investiguez autour de vous, en demandant de quand date la dernière sauvegarde. Vous devriez avoir des réponses qui ressemblent à « je ne sais pas, mais j’en ai une » ou à « il y a deux semaines/mois/années (biffez la mention inutile) ».

Les raisons sont simples : faire une sauvegarde n’est pas transparent, il faut brancher un disque, lancer un logiciel, attendre, etc. Et surtout y penser. Ensuite, demandez comment est effectuée ladite sauvegarde. Vous pourriez être étonné du nombre de personnes, en 2021, qui « sauvegardent » en déplaçant les photos (ou n’importe quel type de fichiers) sur une clé USB ou un disque dur externe en équilibre sur une table. Et nous ne parlons même pas de ceux qui restent attachés à des solutions antiques comme les disques optiques.

Une sauvegarde classique : un tas de DVD mal référencés sur un coin de table.

Dernier point, demandez ce qui est sauvé. Vous devriez retrouver les photos, éventuellement la musique, quelques documents et c’est à peu près tout. Les e-mails récupérés en POP3 ? Les données des programmes qui ne stockent pas dans un dossier visible ? Rien. Ces problématiques existaient en 2007, quand Apple a lancé Time Machine, et demeurent présentes en 2021, malheureusement.

Time Machine et Leopard, une révolution

Time Machine arrive en octobre 2007 avec Mac OS X Leopard (10.5). L’idée est simple : régler une bonne partie des soucis des sauvegardes. Premièrement, Time Machine se manifeste au branchement d’un périphérique externe. Deuxièmement, le système effectue une copie de toutes les données du disque dur. Troisièmement, la technologie travaille de façon (très) régulière avec une sauvegarde toutes les heures, en prévenant l’utilisateur s’il n’en a pas lancé une depuis quelques jours. Enfin, Time Machine est transparent à l’usage : vous n’avez rien à faire, le système s’occupe de tout, sans vous ennuyer avec des détails.

En 2008, Apple lance Time Capsule, un disque dur externe en réseau.

Dans le pire des cas, à l’époque, votre disque dur va gratter quelques minutes et c’est tout. La principale contrainte au départ va être de devoir brancher un appareil externe (et donc en posséder un), une limite levée en février 2008 avec les boîtiers Time Capsule : tant que le Mac est connecté au réseau, il sauvegarde.

Time Machine ne se réduit pas aux sauvegardes en cas de crash du disque dur ou de l’ordinateur complet, Apple a ajouté une jolie interface qui permet de remonter dans le temps (d’où le nom) pour retrouver d’anciennes versions de vos fichiers. Le système ne garde pas toutes les variantes, mais les limites sont raisonnables.

L’interface sous Big Sur, qui n’a pas tellement changé.

Time Machine peut aussi servir à passer d’un Mac à un autre facilement. Apple avait intégré un assistant de migration dans Mac OS X Tiger (10.4) pour déplacer les données entre deux appareils, mais Time Machine simplifie encore les choses. La solution d’Apple date de 2007, une éternité, mais demeure pourtant une des plus efficaces du marché, malgré ses contraintes. Si vous avez envie de rire, cherchez comment les utilisateurs de Windows 10 effectuent des sauvegardes…