Archives de la catégorie: Mac

[Mac] GEEK : Mac Hack #4 : les meilleurs composants pour un hackintosh en 2020

Le choix des composants est sans doute la première des conditions permettant d’envisager sereinement le passage au hackintosh. En effet, on l’a dit, macOS n’est pas prévu pour s’installer sur n’importe quel PC. Le système de bureau d’Apple n’embarque que les pilotes nécessaires aux composants utilisés par la marque elle-même.

En 2016, dans nos colonnes, Nicolas nous conseillait les meilleurs composants du moment. Sans doute est-il temps de mettre à jour cette liste de courses. Et le mieux, pour un béotien comme moi, c’est de faire confiance au site qui conçoit l’outil d’installation Clover, à savoir tonymacx86.com qui propose un guide d’achat plutôt bien pensé. Celui-ci liste des dizaines de composants connus pour leur grande compatibilité avec macOS. Nous avons sélectionné les suivants, pour un bon hackintosh 2020 — évidemment, le choix des composants dépendra de son budget ainsi que de ses besoins.

  • La carte-mère, l’un des éléments le plus important du hackintosh, sera une Z390 AORUS PRO de chez Gigabyte. C’est un bon modèle, hautement compatible avec macOS, et qui dispose d’emplacements nombreux pour ajouter mémoire, disques durs, cartes d’extension et ventilateurs ;
  • Le processeur i5-9600K, un bon modèle hexacœur de neuvième génération. On aurait pu évidemment prendre un processeur i9 ou i7 de la même génération, mais pour un premier essai, mieux vaut rester raisonnable. De plus, c’est un élément qu’il est possible de modifier très aisément ensuite, sans modifier le système lui-même. La version « K » garantit la possibilité de l’overclocker ultérieurement ;
  • Pour refroidir ce processeur, nous avons sélectionné un modèle Cooler Master ML240L. Sans doute trop puissant pour le petit i5, mais capable d’accepter sans broncher un futur i9 !
  • La carte graphique, autre composant très sensible, a été piochée dans la liste recommandée par Apple. Il s’agit d’une Radeon RX 580 assemblée par Sapphire. Un modèle de milieu de gamme équipé de 8 Go de mémoire, bien plus rapide que la Radeon Pro 5300 que l’on trouve dans les tous derniers iMac 2020…
  • Pour profiter au mieux du Bluetooth et du Wi-Fi, avec tous les raffinements qu’Apple leur a apportés (Handoff, presse-papier universel, transferts de SMS, AirDrop, Sidecar…), nous avons joué la sécurité. Une carte BT & WiFi officiellement compatible hackintosh prendra place sur un port PCI de la carte-mère ;
  • Un peu de mémoire vive de chez Corsair — 32 Go, on ne va pas se priver, les prix sont ceux du marché et pas ceux de l’Apple Store…
  • Nous avons adjoint à cette configuration deux disques internes : une barrette Samsung 970 EVO au format NVMe M.2 de 1 To, très rapide, qui servira de disque système ; et un plus classique Samsung 860 QVO au format SATA de 2 To, qui servira de sauvegarde régulière durant la phase de test, puis de disque de données ;
  • Pour fournir l’électricité à tout cela, une alimentation s’impose. 500 watts auraient sûrement été suffisants, mais nous avons finalement pris un modèle 700 watts de chez Be Quiet, pour envisager sereinement l’évolution des composants ;
  • Et le tout sera intégré dans un boîtier de chez Corsair, le modèle 275R qui offre notamment l’avantage d’être plus large que la moyenne. Pour ceux qui découvrent le montage, c’est bien pratique de ne pas être à l’étroit. Bien sûr, n’importe quelle tour au format ATX aurait fait l’affaire.

Bref, une configuration PC à 1500 €, comparable à un iMac qu’Apple vend plus de 3700 € (SSD 2 To, 32 Go de mémoire vive, Radeon Pro 5300). Ne me jetez pas de cailloux : je sais bien que pour 1 500 €, je n’ai ni souris ni clavier… et surtout pas d’écran ! L’écran, ça a été le crève-cœur de cette expérience. Mon iMac a bien des défauts, mais son écran est hors du commun. Une résolution 5K quasiment introuvable sur le marché des écrans 27 pouces (l’UltraFine 5K est en rupture de stock depuis cet été), une luminosité de 500 cd/m2 inégalée et une calibration des couleurs de haut vol.

Plutôt que de nous tourner vers le coûteux LG UltraFine 24 pouces 24MD4KL-B recommandé par Apple, nous avons jeté notre dévolu sur son alter-ego plus raisonnable, le LG Ultrafine 27 pouces 27UL500. Pour la moitié du prix, il offre une image de 27 pouces, mais une luminosité qui plafonne à 300 cd/m2… et croyez-moi, la différence est visible, voire carrément handicapante pour ceux qui manipulent photos et vidéos. La photothèque récupérée de l’iMac paraît soudain bien terne.

Évidemment, en multipliant les achats et les fournisseurs, on augmente d’autant les risques de mauvaises surprises. Quand vous achetez un iMac, Apple assure le service après-vente pour l’ensemble de l’ordinateur. Mais quand vous achetez chaque pièce séparément, et à plus forte raison chez différents marchands, vous multipliez les interlocuteurs en cas de soucis. Lors du montage de ce hackintosh, j’avais par exemple sélectionné un kit de refroidissement de grande marque chez Amazon. L’exemplaire que j’ai reçu avait visiblement déjà été ouvert et renvoyé au fournisseur : il manquait les écrous permettant de fixer le waterblock sur le processeur.

Résultat, du temps perdu pour filer en acheter un autre en boutique, du temps perdu à remballer et renvoyer le produit… et une bonne leçon à retenir : toujours monter « à blanc » les composants avant de les installer dans le boîtier afin de repérer les prises et s’assurer que tout va bien ! Il est plus simple de manipuler les pièces bien à plat sur un bureau que de tenter de lire les minuscules mentions inscrites sur la carte-mère une fois celle-ci installée au fond de son boîtier.

L’assemblage commence à l’extérieur du boîtier, c’est plus simple.

Enfin, pensez à acheter ou à emprunter un clavier et une souris filaires en USB. On en trouve pour une poignée d’euros et ils seront très utiles pour les premières étapes de l’installation.

Ensuite… eh bien ensuite, il va falloir s’atteler à assembler tout cela. Est-ce compliqué ? Oui et non. C’est comme changer une roue ou la batterie d’un iPhone, ou bien monter une cloison en placo. Tant qu’on ne l’a pas fait, c’est compliqué ; et quand on a l’habitude, c’est simple. Le tout est de prendre son temps et de bien lire les consignes des fabricants. Là encore, l’effort de standardisation mené par les industriels depuis plusieurs années nous simplifie bien la tâche.

Avant que vous vous lanciez, voici quelques conseils qui ne seront peut-être pas inutiles :

  • le boîtier se connecte à la carte-mère grâce à plusieurs connecteurs : un double USB3, un port audio (qui rejoint la prise casque), et des petites broches pour la LED témoin de fonctionnement (attention à la polarité), le bouton de démarrage « power switch » et le bouton « reset » (ces deux-là n’ont pas de polarité) ;
  • la carte-mère doit être connectée à plusieurs alimentations : l’ATX P4 (qui alimente le processeur et se compose de deux modules de 4 broches assemblés ensemble) et l’ATX 24 (avec une première prise de 4 broches et une seconde de 20) ;
  • la mémoire vive se branche sur les emplacements 1 et 3 (également appelés A2 et B2) pour pouvoir bénéficier des avantages du « dual channel » ;
  • les disques durs au format M2 et SATA peuvent être connectés à n’importe quel port correspondant (n’oubliez pas que les disques au format SATA sont à la fois connectés à la carte-mère pour les données et à l’alimentation pour le courant) ;
  • la carte Bluetooth/Wi-Fi doit être connectée à la fois à un port PCIe 1x (le plus petit) et à un connecteur USB de la carte-mère (nous avons pour notre part choisi le port F-USB1 situé tout en bas de la carte) ;
  • le système de refroidissement liquide dispose de deux circuits électriques : celui qui alimente la pompe de circulation de liquide, et celui qui alimente les ventilateurs. Selon les modèles, ils se connectent sur les prises FAN, PUMP ou USB ;
  • idéalement, le ventilateur du refroidissement liquide doit aspirer l’air extérieur frais, mais il est possible de le monter dans l’autre sens, afin qu’il aspire l’air intérieur de la tour pour le souffler à l’extérieur, faisant ainsi d’une pierre deux coups. C’est une solution intéressante pour une petite configuration qui chauffe peu.

Et voilà, le tour est joué.




[Mac] Utilisation de l’app Mesure sur votre iPhone, iPad ou iPod touch


Découvrez comment mesurer la taille des objets qui vous entourent avec l’app Mesure et l’appareil photo de votre iPhone, iPad ou iPod touch. Découvrez également comment mesurer des objets et des personnes plus facilement à l’aide du scanner LiDAR de l’iPad Pro 12,9 pouces (4e génération) et de l’iPad Pro 11 pouces (2e génération).

L’app Mesure transforme votre appareil en mètre ruban en exploitant la technologie de réalité augmentée. Vous pouvez mesurer la taille d’objets, détecter automatiquement les dimensions d’objets rectangulaires et enregistrer une photo des mesures. De plus, avec l’iPad Pro 12,9 pouces (4e génération) et l’iPad Pro 11 pouces (2e génération), vous pouvez mesurer plus facilement des objets grâce à des guides visibles, mesurer la taille d’une personne et consulter l’historique de vos mesures.

Étapes préliminaires

Tout d’abord, assurez-vous que le logiciel de votre appareil est à jour. L’app Mesure est disponible sur les appareils suivants :

Veillez également à ce que l’endroit dans lequel vous vous trouvez soit suffisamment éclairé.

prise d’une mesure unique à l’aide de l’app Mesure

Prendre une mesure unique

Enregistrer une mesure

Lorsqu’une mesure apparaît à l’écran, vous pouvez toucher sa valeur pour l’afficher en pouces et en centimètres. Si vous touchez l’option Copier, la valeur est copiée dans le presse-papiers afin de pouvoir la coller dans une autre app. Touchez le bouton représentant une corbeille pour recommencer.

Vous pouvez également prendre une photo montrant l’objet ainsi que la mesure obtenue. Pour ce faire, touchez simplement le bouton de l’obturateur . La photo apparaît alors en bas à gauche de l’écran. Touchez la photo pour y apporter des modifications à l’aide de la fonctionnalité Annoter ou effectuez un balayage vers la gauche pour l’enregistrer dans l’app Photos.

Prise de plusieurs mesures d’un objet à l’aide de l’app Mesure

Prendre plusieurs mesures

  1. Après avoir pris une première mesure, déplacez votre appareil pour placer le point à un autre endroit de l’objet ou à proximité de ce dernier.
  2. Touchez le bouton d’ajout  pour initier la seconde mesure, puis déplacez votre appareil de manière à rejoindre un point du premier segment mesuré.*
  3. Touchez de nouveau le bouton d’ajout  pour afficher la seconde mesure.
  4. Répétez ces étapes pour prendre autant de mesures que vous le souhaitez.

Touchez le bouton d’annulation  pour supprimer la dernière mesure prise, ou le bouton Effacer pour recommencer.

* Les mesures supplémentaires doivent commencer ou se terminer sur le segment d’une mesure existante. Si ce n’est pas le cas, toutes les mesures précédentes sont remplacées par la nouvelle.

Mesure des dimensions d’un rectangle à l’aide de l’app Mesure

Mesurer un rectangle

Lorsque votre appareil détecte que l’objet mesuré est de forme carrée ou rectangulaire, il crée automatiquement un cadre de mesure autour de celui-ci. Touchez le bouton d’ajout  pour faire apparaître les mesures de largeur et de longueur de l’objet. Déplacez légèrement votre appareil pour faire apparaître la surface calculée de l’objet.

Lorsque la mesure apparaît à l’écran, vous pouvez toucher la valeur de la surface calculée pour l’afficher en pouces carrés et en mètres carrés, et obtenir la longueur de sa diagonale.

Utiliser l’app Mesure avec l’iPad Pro 12,9 pouces (4e génération) et iPad Pro 11 pouces (2e génération)

Le scanner LiDAR de l’iPad Pro 12,9 pouces (4e génération) et l’iPad Pro 11 pouces (2e génération) vous permet de mesurer, à l’aide de l’app Mesure, des objets plus rapidement et avec plus de précision.

Mesurer la taille d’une personne

Lorsque l’app Mesure détecte une personne dans le viseur, elle mesure automatiquement sa taille depuis le sol jusqu’au sommet de sa tête, de son chapeau ou de ses cheveux. Vous pouvez toucher le bouton de l’obturateur  pour prendre une photo de la personne et mesurer sa taille. Vous pouvez ensuite utiliser la fonctionnalité Annoter sur la photo, l’enregistrer et la partager.

Utiliser les guides verticaux et les guides-bords

Sur l’iPad Pro 12,9 pouces (4e génération) et l’iPad Pro 11 pouces (2e génération), les lignes de guidage vous permettent de mesurer facilement et avec précision la hauteur et les bords droits de vos meubles, plans de travail et autres objets. Les lignes de guidage apparaissent automatiquement le long des bords et lorsque vous effectuez une mesure à la verticale.  

Prenez en photo vos points de départ et de fin sur la ligne de guidage jaune, puis touchez une mesure pour voir les informations détaillées fournies par l’iPad Pro. Vous pouvez afficher l’altitude, la distance et l’angle d’une mesure ainsi que bien d’autres paramètres.

Afficher des mesures approfondies avec Règle

L’app Mesure de l’iPad Pro 12,9 pouces (4e génération) et de l’iPad Pro 11 pouces (2e génération) intègre une règle que vous pouvez superposer à des mesures de lignes, afin d’afficher les dimensions de l’objet de façon segmentée et précise. Approchez votre iPad Pro de la mesure d’une ligne pour faire apparaître la règle, puis touchez l’obturateur pour prendre une photo que vous pourrez utiliser pour des projets de planification.

Consulter l’historique de vos mesures

Touchez le bouton Liste  pour afficher toutes les mesures prises lors de la session en cours, y compris les captures d’écran. Vous conservez ainsi une trace des dimensions lorsque vous mesurez une pièce ou une série d’objets. Vous pouvez copier les dimensions dans Notes, Mail ou toute autre app pour les enregistrer, ou vous pouvez les effacer et recommencer.

Informations supplémentaires




[Mac] GEEK : Retest de Mac OS X Public Beta, vingt ans plus tard

Jean-Baptiste Leheup

Aujourd’hui, 13 septembre, nous fêtons les vingt ans de la première version bêta publique de Mac OS X. Il y a vingt ans, Apple mettait fin à une interminable attente. Après le projet Pink, après Taligent, après Copland, Apple pouvait enfin offrir à ses clients autre chose que de belles promesses — enfin offrir, pas exactement, le système était facturé 250 F soit environ 38 €.

Mac OS X Public Beta était la première occasion pour le grand public de mettre la main sur le fruit du mariage d’Apple et NeXT, officialisé en décembre 1996. Près de quatre années avaient été nécessaires pour intégrer les technologies des deux marques et, de manière presque anecdotique dans ce développement, concevoir une nouvelle interface résolument colorée et translucide : Aqua.

Et si on voyageait un peu dans le temps, pour revivre ensemble les premiers pas du Mac OS moderne ? Accrochez vos ceintures, oubliez les iPad, les iPhone, les Core i5, nous voici en septembre 2000. En France, Jacques Chirac est président de la République, tandis que George W. Bush s’apprête à remplacer Bill Clinton à la tête des États-Unis. Au cinéma, on va voir Space Cowboys, Gladiator, Chicken Run ou Erin Brockovich. Julia Roberts a seulement 33 ans et Clint Eastwood, déjà 70. Voilà pour le décor. De son côté, Apple nous invite à faire de Mac OS X « le système d’exploitation le plus sophistiqué et intuitif du monde ».

Pour participer à cette nouvelle aventure, rien de plus simple. Il suffit de disposer d’un Mac assez récent équipé d’un processeur G3 ou G4 : iMac, iBook, Power Mac et PowerBook commercialisés depuis 1998 font tous l’affaire. Un minimum de 128 Mo de mémoire vive est recommandé : si votre Mac est encore fourni avec les 64 Mo d’origine, comptez 70 $ pour une barrette de 64 Mo pour modèle de bureau, le double pour un portable. Quant au disque dur, il se verra encombré de près de 750 Mo supplémentaires, sans nécessité d’effacer son contenu puisque Mac OS X s’installe sur la même partition que Mac OS 9.

Installer Mac OS X Public Beta, un jeu d’enfant

L’installation se passe de manière un peu différente des mises à jour de Mac OS 9. Alors que l’on est habitués, sur Mac, à procéder à une longue installation suivie d’un redémarrage, la première étape est ici un redémarrage, pour permettre à l’installateur de Mac OS X de démarrer depuis le CD d’installation, avec un petit Mac souriant légèrement modernisé, sur fond uniformément gris et non plus sur une trame noire et blanche. S’ensuit le choix de la langue (anglais, français ou allemand), l’acceptation de la licence, puis le choix du disque dur de destination.

L’installation occupe ensuite notre vaillant petit iBook G3/300 pendant environ un quart d’heure, durant lequel l’installeur détaille quelques étapes qui ne parlent guère à nos oreilles pommées : traitement en cours de Base System, puis de Essential System Software pour terminer par un certain BSD Subsystem. Mais où sont passés les installeurs de QuickTime et QuickDraw, les extensions, les Tableaux de Bord ? Et puis c’est qui ce BSD, hein ?

Une fois l’installation achevée, un nouveau redémarrage permet d’accéder à « l’assistant réglages » de Mac OS X. Un petit mot de bienvenue, puis il est temps de passer aux réglages du clavier, de l’identifiant et du mot de passe, du réseau, du logiciel de courrier, et du fuseau horaire. Mac OS X se débrouille avec tout cela pour configurer votre Mac, et… il faut à nouveau redémarrer !

Il n’y a plus qu’à se connecter à son ordinateur. Car oui, dorénavant, il faut se connecter à son propre Mac ! Finie, l’époque où l’on pouvait négligemment démarrer une session sans identifiant ni mot de passe. Nous sommes désormais sous Unix, et sous Unix, on ne rigole pas avec les autorisations et les droits. Cette solution permet également de disposer d’autant de jeux de réglages que d’utilisateurs. Chacun possède son fond d’écran, ses fichiers, son historique de navigation, ses mails, mais aussi ses réglages divers et variés. Il va falloir veiller à ne plus oublier son mot de passe !

Quoi de neuf ? Tout !

Apple a pris son temps pour faire mûrir son système d’exploitation. Après la première présentation du projet Rhapsody en janvier 1997, elle a travaillé en parallèle sur une version commerciale de son système (Mac OS X Server, disponible dès mars 1999) et sur des versions de développement du futur système grand public. La marque a réutilisé le micro-noyau MACH qui propulsait NeXTSTEP, et elle y a ajouté BSD, qui est donc une couche de système d’exploitation dérivée d’Unix. À ce titre, Rhapsody est donc la version 5.0 de NeXTSTEP, bien plus qu’une nouvelle version de Mac OS.

Mais pour nous, premiers utilisateurs de Mac OS X, tout cela est du chinois. Mac OS X, c’est notre nouveau système, point final. Il est beau, il est stable et il est mul-ti-tâche. Une véritable révolution et sans doute la première surprise qui saute aux yeux. Le système n’est — presque — jamais bloqué. Qu’une application se lance, qu’une copie soit en cours, qu’une lourde opération se déroule dans un logiciel, l’interface reste réactive et il est toujours possible de passer d’une application à une autre. Au pire, une petite roue colorée apparaît et nous fait patienter un instant. Rien à voir avec Mac OS 9, où un simple dialogue d’enregistrement gelait le Mac !

Mais commençons par le commencement : le bureau du Finder a été entièrement revu. Lors du premier démarrage, il n’affiche plus rien. Il sera possible plus tard d’y glisser des fichiers et des dossiers ainsi que d’y afficher les disques amovibles, mais lors du premier démarrage, tout se passe dans le Dock, ce ruban d’icônes situé en bas de l’écran.

On y trouve pêle-mêle le Finder, puis les logiciels (Mail, Internet Explorer, Sherlock, une horloge, QuickTime Player, Music Player), le panneau des Préférences Système, ou encore le lien vers la page d’enregistrement du site d’Apple, et la Corbeille. Bref, le Dock est le nouveau centre névralgique de Mac OS. D’autant plus que le menu Pomme, installé bien au milieu de la barre des menus, ne sert absolument à rien. Une simple icône décorative, quand elle n’est pas masquée par les menus !

Le système est dorénavant doté d’icônes géantes : 128 pixels de large ! De quoi donner des idées aux graphistes de Cupertino, qui ne se sont pas gênés pour laisser libre court à leur imagination. On peut ainsi admirer le tissu du chapeau de Sherlock, lire les chiffres de l’écran de la calculatrice ou vérifier le numéro de téléphone de Lou. Un bon vieux numéro en 555, comme il se doit.

Le Finder, puisqu’on parle de lui, ne ressemble à rien de connu. Les fenêtres supportent trois types de présentation (par icônes ou par liste comme Mac OS 9, mais aussi par colonnes comme NeXTSTEP). Il est possible de leur adjoindre de grosses icônes permettant un accès rapide à différents points de navigation : Ordinateur (avec les disques et réseaux connectés), Départ (avec les fichiers de l’utilisateur), Favoris, Applications, Documents et Utilisateurs.

Tout comme le Finder, les dialogues d’enregistrement ont été profondément revus. Auparavant, sous Mac OS 9, ils s’affichaient au-dessus de l’écran et bloquaient totalement l’utilisateur. Dorénavant, ils sont attachés à la fenêtre dont ils dépendent et peuvent donc passer à l’arrière-plan avec celle-ci. Bien vu ! Ils peuvent aussi prendre une forme minimaliste ou autoriser une navigation par colonnes.

Au rayon des absents, sachez tout de même qu’AirPort n’a pas encore été adapté par Apple. Pour l’accès au réseau, il faudra donc se contenter du modem ou de la prise Ethernet (et encore, Apple commence à planter des clous dans le cercueil d’AppleTalk, dont le partage de fichiers n’est plus accepté). De même, les imprimantes USB ne sont pas reconnues par les applications Classic, tout comme la plupart des périphériques nécessitant un pilote. Quant aux extensions et tableaux de bord permettant de personnaliser Mac OS 9, ils sont bien entendu totalement inopérants sous Mac OS X, et acceptés avec parcimonie sous Classic.

Applications : du neuf et du déjà vu

Avec Mac OS X, Apple danse sur la corde raide. Si elle s’aventure à casser trop d’habitudes, on l’accusera d’oublier ses clients fidèles. Si elle conserve trop d’héritages de Mac OS 9, on minimisera la révolution que représente son nouveau système. Elle a donc fait le choix de conserver de nombreux acquis, à commencer par la compatibilité avec toutes les applications existantes, qui se lancent dans l’ancien Mac OS 9 de manière quasiment transparente. Les applications « Classic » comme on les appelle dorénavant, provoquent le démarrage de Mac OS 9, puis apparaissent avec leur interface habituelle.

Regardez par exemple comment les deux versions de QuickTime Player, celle de Mac OS X (à gauche) et celle de Mac OS 9 (à droite) peuvent cohabiter pacifiquement. Pour être honnête, il y a quand même quelques petits soucis de rafraîchissement sur les fenêtres Classic. Celles-ci n’aiment pas trop basculer du premier plan à l’arrière-plan, et nécessitent parfois un peu de temps pour bien se redessiner. Appréciez aussi la qualité des nouvelles icônes, comparées aux anciennes…

Parmi les (rares) applications déjà disponibles nativement sous Mac OS X, on trouve donc l’incontournable QuickTime Player, mais il n’est plus seul. Apple lui a adjoint un petit lecteur audio (CD et MP3), tout petit et tout mimi, auquel nous souhaitons la bienvenue, ainsi qu’une bonne et longue carrière sous Mac OS X (hum hum1).

On trouve également une application nommée « Utilisateurs multiples ». C’est elle qui permet de créer ou supprimer des utilisateurs, ces comptes qui permettent de démarrer l’ordinateur. Il est surprenant que cette fonction n’ait pas été intégrée aux Préférences Système… Peut-être dans une prochaine version du système ?

Petit regret également pour l’horloge présente dans le Dock : celle-ci n’affiche la bonne heure qu’à condition d’être activée. Tant que l’application est quittée, l’affichage reste bloqué à six heures… C’est dommage !

Et si on allait un peu sur internet ?

Le voyage dans le temps a ses limites. Ainsi, même avec un ordinateur, un système et des logiciels de vingt ans, le câble Ethernet mène dans tous les cas à l’internet de l’an 2020, et celui-ci n’a plus grand-chose à voir avec celui de 2000. Malgré tout — et c’est déjà assez dingue quand on y pense —, l’iBook est parfaitement reconnu par le serveur DHCP. Mieux : Internet Explorer accepte de se lancer, et peut afficher quelques sites ayant visiblement hiberné au cours des vingt dernières années, comme le site des candidats Dole et Kemp à l’élection américaine de 1996…

Bien évidemment, les chaînes de QuickTime TV, un lointain ancêtre de l’Apple TV, ne pointent plus sur rien. Depuis la sortie de Mac OS 10.5 Leopard en 2007, il n’est donc plus possible de regarder ces petites chaînes en streaming, véritables Netflix avant l’heure, qui s’appuyaient sur le réseau d’Akamai et ses 3 000 serveurs QuickTime. Rappelons qu’en l’an 2000, Netflix, justement, en était encore à louer des cassettes vidéos et des DVD qu’elle expédiait par la Poste…

Quant à Mail, il est aujourd’hui inutilisable, à moins de trouver un serveur pop qui accepte encore des connexions non sécurisées par le protocole SSL. Pour Gmail, c’est fichu. La première version de Mac OS capable de gérer les SSL sera la 10.2.3, en décembre 2002. Alors forcément, sur la bêta publique, ça mouline dans le vide…

Eh bien justement, c’est l’occasion de tester ce fameux raccourci Pomme-Option-Esc, pour forcer une application à quitter. Vous savez, cette combinaison de touches qui ne marchait jamais sur Mac OS 9. Ici ça marche, en anglais certes, mais ça marche ! On peut enfin quitter une application bloquée et continuer le travail comme si de rien n’était ! Alors, elle est pas belle, cette bêta ?


  1. Pour les moins de vingt ans, on rappellera que ce petit lecteur musical n’a même pas survécu à la version bêta, immédiatement remplacé par iTunes… ↩︎




[Mac] Un nouvel iPhone d’entrée de gamme au printemps 2021 ? | iGeneration

Apple prévoirait de lancer au printemps 2021 un nouvel iPhone d’entrée de gamme. C’est l’information glissée l’air de rien par Fast Company, généralement bien renseigné, à la fin d’un article consacré principalement à la 5G sur iPhone 12.

Le site évoque un modèle qui serait uniquement 4G et qui s’inscrirait dans la gamme iPhone 12 (peut-être par le nom ?). Ce modèle serait une version actualisée de l’iPhone 2e génération lancé en avril.

Ce n’est pas la première fois qu’on entend parler d’un nouvel iPhone abordable pour début 2021. L’incontournable analyste Ming-Chi Kuo a déjà prédit un iPhone SE de 3e génération qui serait équipé d’un écran 5,5″ ou 6,1″. Selon lui, ce modèle n’aura pas Face ID, mais un capteur Touch ID intégré au bouton d’allumage (à moins qu’il soit caché sous l’écran?).

Le cabinet JP Morgan s’attend lui aussi à ce qu’Apple fasse perdurer ses deux lancements par année à partir de 2021, avec deux nouveaux iPhone par semestre. C’est ainsi que procède Samsung depuis longtemps : les Galaxy S sortent en hiver ou au printemps et les Galaxy Note durant l’été ou à la rentrée. 




[Mac] GEEK : Mettre à jour un firmware de SSD sans lecteur de CD | Le journal du lapin


Mettre à jour un firmware de SSD sans lecteur de CD

Un des trucs parfois énervant sur Mac, c’est l’EFI d’Apple, spécialement sur les modèles un peu ancien. Démarrer en USB sur autre chose qu’un disque contenant macOS est vite compliqué. Et quand il faut mettre à jour le firmware d’un SSD, c’est la plaie.

TL;DR : Avec deux clés USB, il devient possible de démarrer à peu près n’importe quoi.

Mon problème est le même que Caféine sur GeekZone (c’est le moment d’aller lire) : un SSD Crucial pas à jour pour le firmware, une mise à jour qui ne se fait officiellement qu’en passant par un CD… et pas de lecteur de CD. Je vous met donc un petit tutorial (merci Caféine) pour gérer ça.

Le firmware

Le SSD à mettre à jour est un M4 de chez Crucial. La société propose le firmware sous forme d’ISO à graver sur son site. Vous pouvez en théorie graver l’ISO sur une clé USB… mais ça ne fonctionnera pas directement. Commencez donc par télécharger le fichier (Manual Boot File for Windows and Mac). S’il est possible de bidouiller avec une seule clé USB, j’ai décidé de faire plus simple en en utilisant deux.

A la base, je copiais l’ISO sur la clé USB manuellement en ligne de commande… mais ça ne fonctionne pas. Le plus simple est de télécharger UNetbootin. Lancez le programme, choisissez ISO et l’ISO de Crucial, la bonne clé USB. Normalement, il ne montrera que les périphériques externes formatés en FAT32 pour éviter les erreurs, donc évitez de branchez un disque dur ou une carte SD en même temps, pour éviter une catastrophe.

UNetbootin

La copie devrait prendre quelques secondes et la première clé USB est prête.

rEFInd

La seconde étape, et donc la seconde clé USB, consiste à installer rEFInd. Ce gestionnaire de démarrage permet de démarrer à peu près n’importe quoi sur un Mac (ou sur une machine avec un EFI un peu capricieux, ça arrive sur les vieux PC). En le plaçant sur une clé USB, il devient possible de gérer le démarrage sur un périphérique externe, comme ici la seconde clé USB. Techniquement, on peut partitionner ou forcer le démarrage directement depuis la première clé, mais c’est plus simple de le faire avec deux clés USB et – surtout – la clé USB rEFInd peut être réutilisée.

La méthode demande de passer par la ligne de commande, désolé.

Branchez la clé, qui va être effacée, et lancez le Terminal. Tapez la commande suivante qui va vous donner la liste des périphériques.

diskutil list

La clé devrait apparaître en fin de liste, avec les attributs external et sa taille en Go. Notez son numéro (et ne vous trompez pas). Dans mon exemple, c’est /dev/disk8.

/dev/disk8 (external, physical):
#: TYPE NAME SIZE IDENTIFIER
0: FDisk_partition_scheme *2.0 GB disk8
1: Apple_HFS Sans titre 2.0 GB disk8s1

Démontez la clé sans l’éjecter avant de passer à la suite. Soit en effectuant un clic secondaire puis Démonter dans l’Utilitaire de disques, soit avec la commande suivante.

sudo diskutil unmount /dev/disk8s1

Maintenant, copiez l’image IMG sur la clé USB avec la commande suivante. Petite astuce, vous pouvez glisser le fichier dans le Terminal juste après avoir écrit dd if=. La fin de la commande doit être la clé USB. Ne vous trompez pas, sinon vous allez effacer un autre disque…

sudo dd if=/Users/dandu/Downloads/refind-flashdrive-0.11.2.img of=/dev/disk8

La MAJ

Maintenant, c’est simple. Branchez les deux clés USB en même temps et démarrez en pressant option (alt). Un menu apparaîtra avec le disque dur interne et un périphérique orange, sous le nom EFI boot.

L’écran de boot

Choisissez ce dernier, qui va lancer rEFInd. Dans l’interface de rEFInd, sélectionnez le pingouin.

L’écran de rEFInd

Maintenant, la suite dépend un peu de votre Mac. Sur un MacBook 2010, ça a fonctionné mais je n’ai pas pu capturer l’image : Linux démarre, ce qui permet ensuite de lancer la procédure de mise à jour. Avec un Mac mini 2009, j’ai obtenu une erreur. Visiblement, sur certains vieux Mac, il faut copier le contenu de la clé USB en interne (par exemple sur le SSD) pour démarrer, encore une limitation des vieux EFI Apple.

Mais la méthode fonctionne au moins sur les Mac à partir de 2010, ce qui m’a permis de mettre à jour le SSD sans devoir installer un lecteur optique fonctionnel. Et donc on dit merci GeekZone.




[Mac] Test de l’iMac 27″ Retina 5K 2020 (Core i7 à 3,8 GHz) avec écran à verre nano‑texturé

Anthony Nelzin-Santos

Depuis quelques années, l’iMac 27″ Retina 5K souffre d’un dédoublement de la personnalité, que la présentation de l’iMac Pro n’a pas guéri. Dans la version à processeur Core i5 que nous avons récemment testée, c’est une splendide machine familiale, ticket d’entrée à 2 099 € dans une gamme emblématique d’ordinateurs tout-en-un.

Dans la version à processeur Core i7 que nous testons aujourd’hui, c’est une formidable machine professionnelle, qui vaut la bagatelle de 3 224 € telle que nous l’avons configurée. Si le modèle à processeur Core i5 est Dr Jekyll, alors cette machine à processeur Core i7 est Mr Hyde, et pas seulement parce qu’elle déchaine une puissance monstrueuse.

L’iMac 27 Retina 5K 2020 avec écran à verre nano‑texturé.

Un écran sans reflets, mais pas sans reproches

Pour la première fois depuis aout 2007 et la disparition du polycarbonate blanc qui avait fait la (deuxième) réputation du fameux ordinateur tout-en-un, l’iMac possède un écran mat. Ou plutôt, l’iMac possède un revêtement mat en option, et pas une option à 40 € comme la monture VESA qui permet de recréer le tournesol. Non, c’est une option à 625 €. Six. Cent. Vingt. Cinq. Euros.

Comme à son habitude, Apple justifie le surcout avec une prose commerciale affutée. Si ce revêtement vaut cher, c’est qu’il est « gravé dans le verre à l’échelle nanométrique […] afin de livrer une qualité d’image à couper le souffle ». Effectivement, la firme de Cupertino ne s’est pas contentée de coller un film sur l’écran. En lieu et place du miroir habituel, des millions de microscopiques bosses et creux dispersent les rayons lumineux pour réduire les reflets.

En sortant le clavier et la souris du carton des accessoires, vous ne trouverez pas le traditionnel chiffon noir, mais une chamoisine blanche. « Pour retirer la poussière ou les traces de l’écran en verre nano-texturé », dit Apple, « utilisez uniquement la chiffonnette fournie ». Et pour nettoyer la chamoisine elle-même, utilisez « du liquide vaisselle et de l’eau » et laissez « sécher à l’air libre pendant au moins 24 heures ».

La fameuse chamoisine.

La moquerie est facile – ne nettoyez « jamais » au grand jamais le verre nano-texturé « avec un autre chiffon », malheureux, et si vous avez perdu votre chamoisine, maladroit que vous êtes, contactez immédiatement Apple pour en commander une nouvelle. Mais soyons francs, nous n’avons pas été pris de panique après l’apparition des premières poussières, et nous n’avons pas hésité en posant les doigts dessus pour manipuler la machine.

Ce revêtement demande quelques précautions, c’est certain, mais ne s’est pas désintégré lorsque nous nous sommes approchés avec un chiffon microfibre quelconque. (Et puis ce n’est pas comme si les revêtements brillants étaient exempts de défauts.) Gravée à l’échelle nanométrique ou pas, la couche de verre recouvre la même dalle IPS LCD fournie par LG, d’une définition de 5 120 x 2 880 pixels pour 27 pouces de diagonale.

Ainsi aux yeux de notre sonde, rien ne distingue un écran Retina mat d’un écran Retina brillant. La luminosité frôle 450 cd/m2, de manière uniforme sur l’ensemble de la dalle, toujours aussi loin des 500 cd/m2 promis par Apple. À la sortie de l’usine, et avant d’avoir activé True Tone, la colorimétrie n’est pas loin d’être parfaite. Le profil embarqué renforce le contraste pour flatter l’œil, mais ce « défaut » se corrige bien.

Un spot est pointé vers l’écran. On distingue à peine sa forme, le faisceau est largement diffusé, et le reste de la pièce n’est pas reflété. La texture recouvre l’ensemble de la dalle, à l’exception d’un petit cercle autour de la webcam.
Un Apple Thunderbolt Display dans les mêmes conditions. La différence est à peine moins sensible quand les écrans sont allumés. Nous ne vous présentons pas de photos de l’écran allumé, car la texture empêche une parfaite mise au point, et les clichés exagèrent énormément l’effet de brouillard. Une fois n’est pas coutume, cet écran doit s’apprécier (ou pas) en verre et en aluminium.

La luminosité des noirs ne dépasse pas 0,5 cd/m2, et donc le contraste dépasse 930:1. Le contraste du Pro Display XDR atteint certes 1 000 000:1 en pointe, grâce à son système de rétroéclairage à 576 diodes pilotées par un système avancé de local dimming, mais c’est au prix de piètres performances hors axe. L’iMac évite cet écueil, mais le revêtement nano-texturé crée des aberrations optiques que la sonde ne capte pas.

Pointez une lampe torche droit sur l’écran, et vous verrez bien une différence de luminosité. Mais vous remarquerez que la projection est diffuse, qu’elle perd en intensité lorsque vous inclinez votre lampe, et que l’affichage reste lisible. Autrement dit : le revêtement ne fait pas de miracles, mais il remplit parfaitement son office. Au lieu de voir le miroir d’une fenêtre latérale, vous verrez seulement un vague halo lumineux.

Le revêtement diffuse bien la lumière qui vient de l’extérieur de l’écran, donc, mais diffuse aussi celle qui vient de l’intérieur de l’écran. Quoi qu’elle en dise, Apple n’a pas complètement réussi à éliminer les « effets indésirables de brouillard ». Tout en restant extrêmement défini, l’affichage est légèrement adouci, d’une manière qui n’est d’ailleurs pas désagréable.

Une comparaison directe entre l’écran à verre nano-texturé (à gauche) et l’écran brillant habituel (à droite, ici sur Apple Cinema Display). À l’exception d’un léger recadrage et du filigrane, cette photo n’a pas été retouchée.

Le contraste entre le texte noir et le fond blanc n’arrache plus la rétine, les fenêtres transparentes ne scintillent plus, les dégradés semblent moins synthétiques. Même en collant l’œil à l’écran, il est absolument impossible de distinguer les pixels. Revers de la médaille : les réglages picométriques de la netteté ou du piqué des images sont compliqués.

En somme, le verre nano-texturé magnifie les avantages des écrans mats, sans anéantir leurs défauts. Vaut-il le cout ? Nous vous laissons en parler avec votre comptable. Vaut-il le coup ? Même s’il faut le tenir hors de portée des empreintes enfantines, même s’il faut se familiariser avec ses caractéristiques, nous le pensons.

Un iMac (presque) Pro

Derrière l’écran résident quelques-uns des composants les plus puissants du moment… et beaucoup de vide. Le SSD de 256 Go du modèle d’entrée de gamme nous avait laissé une impression mi-figue mi-raisin, la perte de capacité n’étant pas entièrement compensée par le gain en fluidité. Le SSD de 512 Go du modèle haut de gamme nous fait meilleure impression : il dépasse 2,3 Go/s en lecture et 2,2 Go en écriture, des débits plus dignes d’une machine professionnelle. Malheureusement, les performances en écriture s’effondrent lorsque les transferts s’éternisent.

Le débit moyen du disque lors du transfert de fichiers compressés d’une soixantaine de gigaoctets.

Notre iMac 27″ Retina 5K à 3224 € embarque un processeur Intel Core i7-10700K à 3,8 GHz, accompagné de huit petits gigaoctets de mémoire DDR4 à 2 667 MHz. Capable d’atteindre 5 GHz en pointe sur un cœur logique, il survole logiquement les classements des tests synthétiques. Mais ces outils ne disent pas tout : plus que le nombre de cœurs logiques et la fréquence maximale, le nombre de cœurs exploités et la fréquence soutenue déterminent la puissance réelle d’une machine.

Dans le test Geekbench CPU, cette machine obtient le meilleur résultat « single » que nous ayons jamais relevé. Ce test donne une bonne idée des performances générales, mais ne dit pas tout.

Ce qui peut être ignoré sur un MacBook Air doit être pris en compte sur une machine dotée d’un processeur à huit cœurs physiques qui ne tournent presque jamais à leur fréquence nominale. Notre test de compilation de WebKit, qui épuise le processeur pendant une petite demi-heure, montre bien l’écart entre la théorie et la pratique. Le Core i7 n’est pas plus rapide que le Core i5… et même légèrement plus lent.

Ses deux cœurs supplémentaires ne sont pas toujours correctement exploités dans cet exercice qui met en œuvre des centaines de composants logiciels. Or une fois que la machine est montée en température, les deux processeurs tournent à la même vitesse moyenne, autour de 4,2 GHz. Cela étant dit, le Core i7 est une vraie bête de course :

  • sur un thread, il atteint 5,1 GHz en pointe, 600 MHz de plus que le Core i5 ;
  • nous avons obtenu les meilleures performances dans nos tests de calcul en utilisant trois cœurs, auquel cas la fréquence se stabilise autour de 4,66 GHz ;
  • il peut tourner à 4,6 GHz pendant quelques heures sur quatre à six cœurs ;
  • sur huit cœurs, la fréquence moyenne ne descend jamais sous les 4,2 GHz, même après des heures de calcul dans notre rédaction péniblement maintenue à 27 °C par un climatiseur défaillant.

À vrai dire, la fréquence moyenne du processeur dépend… de la carte graphique. Vous utilisez seulement le processeur ? Vous pourrez faire tourner les huit cœurs à 4,6 GHz, même s’ils devront parfois reprendre leur souffle pendant quelques minutes, qu’ils passent à 4,4 GHz. Vous utilisez aussi les graphismes ? Ils tourneront plutôt à 4,2 GHz, car une quinzaine de watts sont détournés du processeur vers la carte graphique, les deux composants devant se partager 200 W.

En contrepartie, la Radeon Pro 5500 XT livre des performances de premier plan. Vous pourrez jouer aux titres récents développés avec Metal à 60 i/s en 1440p, sans particulièrement rogner sur les détails. Dans nos tests menés avec Final Cut Pro X et des applications de modélisation 3D, elle met une claque à la Radeon Pro 5300 du modèle d’entrée de la gamme, et se détache nettement de la génération précédente.

Un test GFXBench Metal avec la scène Aztec High en 1440p et les scènes Aztec Normal et Car chase en 1080p, qui donnent une bonne idée des performances graphiques, en particulier dans les jeux.

Mais il faut bien le dire, les ventilateurs tournent aussi vite que les composants. Apple semble avoir résolu les problèmes de dissipation thermique qui affectaient la plupart des machines produites depuis 2014. En jouant directement sur l’alimentation électrique des composants, d’abord, elle prévient tout risque d’emballement qui imposerait des mesures de throttling. Le processeur et la carte graphique ne peuvent pas tourner à fond simultanément, mais ne peuvent pas surchauffer non plus.

Surtout, Apple ne laisse plus les composants frôler les 100 °C avant de lancer les ventilateurs. La température monte plus régulièrement, la ventilation se déclenche plus tôt et plus vite, le système de refroidissement tourne à plein régime pour contenir la température sous la barre des 95 °C.

La fiche technique de la machine que nous testons aujourd’hui.

Dès lors, on comprend mieux la disparition de l’iMac Pro à huit cœurs. Avec huit cœurs dans sa version Core i7, et même dix avec le processeur Core i9, l’iMac 27″ Retina 5K est désormais à la hauteur. L’iMac Pro a repris l’exclusivité des cartes graphiques Vega adaptées aux calculs les plus intensifs, et conserve celle de la mémoire ECC et des processeurs de « classe serveur », intégrant jusqu’à dix-huit cœurs.

Surtout, il inaugurait une architecture organisée autour du système de refroidissement, dimensionné pour des puces consommant 300 à 400 W. Plutôt que de l’adapter à l’iMac 27″ Retina 5K, Apple a préféré recycler une architecture vieille de onze ans. Voilà pourquoi elle doit faire tourner les ventilateurs de l’iMac, alors que l’iMac Pro évolue dans un silence feutré.

L’extraction d’air chaud, cachée derrière le pied de l’iMac. Dessous, la trappe qui donne accès aux barrettes de RAM.

Les deux machines souffrent toutefois du même talon d’Achille, la poussière. Notoirement difficiles à ouvrir, elles s’encrassent progressivement, et peinent chaque jour un peu plus à refroidir leurs composants. Si vous gagnez votre vie avec un iMac, « pro » ou pas, n’oubliez pas d’ajouter le prix d’un contrat AppleCare+ ou Joint Venture à vos tableaux d’amortissement.

Une sortie en fanfare

Alors que le modèle d’entrée de gamme fait une excellente machine familiale, déjà fort puissante, ce modèle haut de gamme fait une superbe station de travail, surtout avec le verre nano-texturé qui rappelle les meilleurs moniteurs professionnels. Dr Jekyll ou Mr Hyde, les deux machines procurent le même agrément d’utilisation, dont les défauts sont somme toute bien mineurs. L’iMac 27″ Retina 5K fait une sortie en fanfare.




[Mac] Bill Gates : « Steve Jobs était un vrai enchanteur quand il s’agissait de motiver les gens »


Vous l’avez peut-être lu dans d’autres publications : Bill Gates a enfin avoué avoir été jaloux de Steve Jobs ! La nouvelle a bien sûr fait le tour du web. Il faut dire que les articles sur Steve Jobs sont toujours aussi efficaces pour attirer les clics. Alors une telle révélation, pensez donc !

Nous avons voulu en savoir plus et sommes remontés à la source, sur le podcast Armchair Expert qui propose un entretien de plus d’une heure et demie avec Bill Gates. Il faut tout d’abord comprendre que durant cette longue discussion publiée le 20 août, Apple et Steve Jobs n’occupent qu’une place tout à fait subsidiaire. Durant cet entretien, Bill Gates se livre librement sur sa vie, sa vision du monde, sa famille, et l’activité philanthropique de la fondation Bill and Melinda Gates qui œuvre pour la vaccination à travers la planète.

Imagine Armchair Expert

Bill Gates revient ainsi longuement sur sa jeunesse, ses études, n’hésitant pas à reconnaître son manque de sociabilité ou avouant n’avoir jamais réussi à apprendre une langue étrangère malgré son excellente mémoire. Il revient aussi sur les débuts de Microsoft, s’interrogeant — encore aujourd’hui — sur l’incapacité de tant d’experts en processeurs à voir que l’avenir était aux logiciels, à la fin des années 1970.

« Auriez-vous pu faire ce qu’il a fait ? »

C’est à l’invitation du journaliste Dax Shepard que Bill Gates revient sur sa relation avec Steve Jobs, à l’époque où tous deux travaillaient d’arrache-pied, sacrifiant congés et week-ends pour avancer plus vite que leurs concurrents. S’il reconnaît qu’ils n’avaient pas les mêmes méthodes de management, Bill Gates admet tout de même avoir beaucoup exigé de ses collaborateurs, considérant chaque jour comme une occasion à ne pas laisser passer, sans jamais exiger des autres plus que lui-même ne pouvait donner.

Il revient ensuite sur la période où Apple était au fond du trou, en 1995, quand la direction d’alors se décide à racheter NeXT, mais surtout Steve Jobs, qui était persuadé d’avoir enfin les clés pour faire de son rêve un succès. Bill Gates rappelle alors que Steve Jobs n’était pas un programmeur, mais qu’il avait le talent de réunir des gens extraordinaires autour de lui :

Steve Jobs était un génie. Ce qu’il a fait, particulièrement après son retour chez Apple, c’était vraiment phénoménal. Sans lui, rien de tout cela ne serait arrivé. Personne d’autre n’aurait pu le faire. Il mérite sa place au panthéon, même si c’était quelqu’un de très, très dur.

Bill Gates revient ensuite sur un trait de caractère bien connu de Steve Jobs : sa capacité à déformer la réalité et à faire adhérer le public à sa vision des choses. Une aptitude théorisée il y a bientôt quarante ans par les développeurs du premier Macintosh.

Steve Jobs était un vrai enchanteur quand il s’agissait de motiver les gens1. Moi, j’étais juste un apprenti-sorcier, donc je ne pouvais pas être atteint. Mais je le voyais lancer ses sorts, je voyais les gens hypnotisés, je criais “Non ! Non !”… J’étais tellement jaloux !

Et… c’est tout. Juste un petit souvenir livré dans un éclat de rire avant de changer de sujet. Plus loin, Bill Gates revient également sur les enquêtes visant les grands groupes technologiques, Apple et Google en tête : « si vous avez autant de succès que j’en ai eu, vous méritez ces questions brutales et injustes. Le gouvernement se doit de vous les poser. Passer sur le grill, cela fait partie de la rançon du succès. C’est normal. » Une leçon de philosophie pour celui qui, il y a vingt ans, avait été sous les feux de la rampe lors du procès de Microsoft pour abus de position dominante.


  1. Cette image du lanceur de sorts, Bill Gates l’avait déjà employée dans un entretien avec Fareed Zakaria, le journaliste de CNN.




[Mac] GEEK : La guerre des clones #5 : Psystar, a Clone Story | Club iGen

Jean-Baptiste Leheup

Nous l’avons dit en introduction de ce dossier consacré aux clones : depuis qu’Apple ne propose plus de licence de son système d’exploitation et de ses puces, la seule solution pour posséder un Mac est d’en acheter un fabriqué par Apple ou bien de monter un Hackintosh avec des pièces compatibles.

La guerre des clones

Pourtant, en avril 2008, un constructeur basé à Miami a bravé Apple, en proposant un clone de Mac tout équipé. Il faut dire que c’était tentant : depuis l’été 2006, toute la gamme Mac était passée sur les processeurs Intel, faisant d’un Mac un PC presque comme les autres. Et justement, c’est ce que Psystar avait à proposer : un PC à 400 $, mais sur lequel pouvait être installée une version tout à fait fonctionnelle de Mac OS X.

Info ou intox ? L’encre de son communiqué de presse était à peine sèche que déjà, les médias s’étaient emparés du dossier, comme le Guardian qui découvrait, entre autres, que la chambre de commerce locale n’avait jamais entendu parler de cette entreprise, dont le site web n’avait été activé qu’une semaine plus tôt. Aucun communiqué de presse diffusé jusqu’alors, aucune mention sur les forums, totalement inconnue de Google, une adresse postale changeante au fil des jours… Rien de très rassurant ! La marque avait répliqué rapidement, se mettant en ordre de bataille pour faire face à l’intérêt soudain qu’elle avait éveillé. L’argumentaire relatif à la propriété intellectuelle d’Apple, notamment, était tout prêt :

Que diriez-vous si Honda vous disait qu’après avoir acheté l’une de leurs voitures, vous ne pouvez la conduire que sur les routes sur lesquelles Honda vous en donne l’autorisation ?

Pour parvenir à faire fonctionner Mac OS X sur son PC, qu’elle avait appelé OpenMac, puis dès le lendemain Open Computer, Psystar reconnaissait s’être appuyée sur osx86project, un projet ouvert rassemblant des passionnés ayant patiemment développé des manières d’installer Mac OS X sur des PC standard, en adaptant à la force du poignet les rouages du système et les processus d’installation.

Résultat, dès le 3 juillet 2008, Apple poursuit Psystar devant un tribunal californien pour violation du contrat de licence du système. Psystar réplique le mois suivant avec une plainte pour pratique anticoncurrentielle et abus de propriété intellectuelle. On ne va pas vous refaire toute l’histoire des différents procès, mais on peut quand même en tirer quelques conclusions intéressantes.

On peut par exemple s’intéresser à quelques conclusions tirées par les juges californiens durant l’année 2009, et validés par la cour d’appel locale en 2011 et la Cour Suprême en 2012, qui s’imposent dorénavant dans les affaires du même style :

  • Apple n’abuse pas d’une soi-disant position dominante en réservant l’usage de macOS à ses propres ordinateurs. En effet, malgré les envolées lyriques des publicités de la marque, ce système d’exploitation n’est pas « suffisamment unique » pour justifier qu’un constructeur contourne les restrictions d’installation. Des alternatives existent et les assembleurs d’ordinateurs n’ont qu’à les adopter.

  • En conséquence, Apple peut interdire, dans son contrat de licence, l’installation de macOS sur d’autres machines que les siennes. Et si le droit américain interdit de restreindre le droit de revendre une licence acquise, ce droit ne permet pas de contourner le contrat de licence. Certes, vous pouvez acheter macOS et le revendre à quelqu’un, mais pas l’installer où vous voulez. En cela, le juge n’avait pas suivi les arguments de Psystar, qui estimait qu’un éditeur ne pouvait pas vous empêcher de lire un de ses livres dans la salle de bain, ou qu’une maison de disque ne pouvait pas vous empêcher d’écouter un de ses titres en faisant du vélo.

  • Un constructeur ne peut pas proposer un produit facilitant le contournement des mesures de protection mises en place pour garantir l’exercice de ce droit d’exclusivité. Dans cette affaire, Psystar avait plusieurs fois prétexté qu’il n’était pas l’auteur de la violation de licence, n’étant pas l’utilisateur final… Si aucun juge n’a eu le loisir de se pencher sur le cas de Rebel EFI, le logiciel de Psystar autorisant l’installation de macOS sur des PC, puisque l’entreprise a mis la clé sous la porte avant cette dernière étape du procès, le jugement du 15 décembre rappelait cependant à Psystar l’interdiction d’aider, inciter, encourager ou assister intentionnellement autrui à contourner les mesures protégeant l’accès à macOS.

Dans la foulée de Psystar, d’autres constructeurs s’étaient lancés sur le même marché. Parmi les plus connus, le clone allemand PearC avait notamment fait l’objet d’un test dans nos colonnes, plutôt concluant. HyperMegaNet, son constructeur, qui n’a semble-t-il jamais fait l’objet de poursuites par Apple (mais qui a disparu des radars rapidement), disait profiter d’une disposition de la loi allemande interdisant à un contrat de licence d’appliquer des restrictions qui ne seraient pas inscrites visiblement sur la boîte du produit avant l’achat… en oubliant au passage que les licences d’Apple sont disponibles en ligne avant l’achat.

En parallèle de Psystar et PearC, quelques autres clones firent de brèves apparitions en 2009 : Russian Mac avec toute une gamme de l’ultra-portable à la tour, Kughar avec son site osxonapc.com, le suisse Smartek avec ses modèles MacPC, ou encore Engineering Project en Italie.

Une situation qui avait inspiré en 2009 un éditorial de MacGeneration résumant ainsi la situation, et qui prend tout son sens alors que les Mac Apple Silicon sont maintenant officiels :

La protection du logiciel semble un combat perdu d’avance. Le meilleur verrou pour endiguer le problème, c’est de redonner au Mac une spécificité matérielle, qui soit telle que n’importe quel PC ne soit plus à même de remplacer un Mac au pied levé. Autrefois ce rôle était dévolu au choix du processeur qui était spécifique au Mac, mais il semble impensable qu’Apple fasse machine arrière sur ce point. Cependant, elle a fait l’acquisition de la société PA Semi, une entreprise spécialisée dans la conception de processeurs basés sur l’architecture ARM. Peut-être pourrait-elle en faire usage comme d’un co-processeur spécifique, qui deviendrait indispensable. Il n’en reste pas moins que si elle en venait à apporter une telle réponse à cet épineux problème, il lui faudrait continuer à proposer la compatibilité des futures versions de son système avec ses anciennes machines, pour lesquelles les PC pourront toujours se faire passer. Bref, on n’a pas fini d’entendre parler des clones de Mac.




[Mac] GEEK : La guerre des clones #4 : le retour du Jedi | Club iGen

Jean-Baptiste Leheup

Déjà, en mars 1995, PC Mag s’interroge : des clones de Mac, n’est-ce pas trop peu, et déjà trop tard ? En se lançant dans cette aventure, Apple souhaite doubler la part de marché du Macintosh et la porter à 20 % dès l’année suivante, soit une masse critique d’utilisateurs apte à attirer de nouveaux développeurs sur le marché du Mac. Une bonne idée en soi, mais comment Apple espère-t-elle gagner de l’argent avec cette méthode, s’interrogent les journalistes : Microsoft elle-même ne gagne que 35 $ par licence DOS/Windows vendue ! Et c’est bien le drame de toute cette période : non seulement le Mac ne s’est pas mieux vendu (en décembre 1996, quand Apple achète NeXT, sa part de marché a chuté à 5,4 %), mais plusieurs centaines de milliers de ventes ont échappé à Apple, au profit de cloneurs qui ne lui reversaient qu’une petite obole !

La guerre des clones

Quoi qu’il en soit, pendant deux ans, les clones font donc partie du paysage. On trouve leurs publicités dans les pages des revues spécialisées et leurs références dans les catalogues des revendeurs. Leurs tarifs sont souvent inférieurs à ceux d’Apple (mais pas toujours), pour des performances parfois supérieures, notamment grâce à l’utilisation de disques durs ou lecteurs CD plus rapides, ou avec une dotation de mémoire cache plus généreuse, quand Apple faisait (déjà) preuve de pingrerie dans l’entrée de gamme.

Une double page de SVM en avril 1997. Comparez les prix : l’original n’est plus forcément le plus cher !

L’interdiction de produire des clones de PowerBook est respectée par les bénéficiaires des licences, permettant à Apple de maintenir ses marges et son avance technologique dans le domaine. Dans le numéro d’avril 1997 de SVM Mac, on trouve quand même la trace d’un Mac transportable, l’imediaEngine V3 de Vertegri Research, privé de batterie (une bonne manière de contourner l’interdiction contractuelle). Un gros modèle de six kilogrammes, mais disposant d’un processeur 604e, une folie qu’Apple n’avait jamais osée !

Les cloneurs s’imposent aussi au moyen d’un marketing agressif, bien plus terre à terre que celui d’Apple à l’époque. Pas de grandes envolées lyriques, pas de volonté de changer le monde, mais du concret et du mesurable. Power Computing fait exception, avec une communication très idéaliste, se battant autant pour sa propre marque que pour l’ensemble du monde Mac OS. Une communication qui se retournera d’ailleurs bientôt contre Apple elle-même, au moment de renégocier les contrats de licence. Power Computing aura réussi à devenir l’entreprise qui défend l’utilisateur, et Apple, celle qui défend son chiffre d’affaire…

Bottons le cul d’Intel ! Le Mac c’est le multimédia, alors qui a invité Billy (Bill Gates) à la fête ? Steve (Kahng, PDG) le dit : il est temps de se battre pour défendre le Mac !

L’heure du bilan

Car au moment de faire le bilan en 1997, la conclusion est implacable. Fred Anderson, responsable financier de la marque, l’admet lui-même : la politique de licence de Mac OS a coûté plus d’argent qu’elle n’en a rapporté. Les cloneurs n’ont pas offert de nouveaux débouchés à Mac OS, ils ont uniquement grappillé la part de marché d’Apple et les commissions n’ont pas contrebalancé le manque à gagner pour Apple, habituée à de plus fortes marges. Une prise de position qui ne doit rien au hasard, au cœur du premier été que Steve Jobs passe à la tête de l’entreprise dont il a évincé le dernier PDG, Gil Amelio. Une manière de mettre la pression sur les cloneurs, dont les premiers contrats concernant le Système 7 arrivent à leur terme avec les derniers jours du Système 7. Souvenons-nous qu’à l’origine, le successeur du système 7 devait être une version totalement revue, le résultat du projet Pink, puis de la filiale Taligent commune à Apple et IBM, puis le projet Copland… Bref, le vrai Mac OS 8 aurait dû être une bonne raison de renégocier un contrat de licence et repartir sur de nouvelles bases.

Mais voilà, avec le retour de Steve Jobs, toutes les cartes ont été rebattues. Le nouveau système Rhapsody, fruit de l’union de Mac OS et de NextStep, est repoussé de plusieurs années. Le Système 7 va encore durer un moment, mais dans un coup de billard à trois bandes, Apple décide de renommer sa version 7.7 en version 8, qu’elle présente à l’été 1997. Durant quelques semaines, il se murmure encore qu’Apple va renouveler son programme de licence pour son nouveau système, d’autant plus que juridiquement, le simple fait de renommer une version intermédiaire du Système 7 en Mac OS 8 est très discutable.

Mais il n’en est rien. Malgré les protestations publiques, Apple se débarrasse sans souci de la plupart des cloneurs, les contrats l’autorisant à mettre fin aux licences à tout moment. Seul Power Computing fait exception, car le premier cloneur avait bénéficié d’un contrat plus protecteur. Apple règle le problème de la plus simple des manières : elle rachète la quasi-totalité de l’entreprise, ainsi que son contrat de licence, pour plus de 100 millions de dollars (ce qui reste de Power Computing essayera ensuite de fabriquer le PowerTrip, un PC portable haut de gamme, sans grand succès).

Les autres cloneurs n’ont pas la chance de recevoir un chèque d’Apple. DayStar, Motorola, MacWay, Pioneer et les autres jettent l’éponge durant l’automne 1997, la plupart en laissant en plan leurs projets de commercialiser des compatibles-Mac équipés du nouveau processeur PowerPC 750, parmi lesquels le très prometteur StarMax 6000 de Motorola (qui était en plus compatible CHRP). Un processeur qu’Apple attendra encore trois mois avant de le proposer sous le nom de G3, et dont on connaît le succès.

Vous pouvez assigner quelqu’un en justice pour le forcer à divorcer, mais pas pour l’obliger à vous épouser. Nous sommes déçus, mais Apple a fait son choix, et nous allons passer à autre chose. — Joe Guglielmi, vice-président de Motorola Computer Group, justifiant la décision de ne pas attaquer Apple en justice à l’issue du contrat de licence qui les liait.

Pour écouler leurs stocks, les cloneurs continuent de vendre leurs machines sous Mac OS 7.6 alors qu’Apple est passée à la version 8. Celle-ci pouvant être achetée dans le commerce, certaines marques comme Motorola offrent un bon de réduction à leurs clients… Les autres en sont quittes pour subir une dernière petite mesquinerie d’Apple : les clones sont exclus de l’offre permettant aux acheteurs de Mac récents de passer à Mac OS 8 pour 10 $ !

Entre temps, Radius, qui ne s’était pas remis de ses difficultés financières antérieures, avait cédé son activité à Umax, qui sera le dernier cloneur à survivre en obtenant une licence pour produire des ordinateurs d’entrée de gamme équipés de Mac OS 8 jusqu’à l’été 1998. Avec le recul, on imagine que Steve Jobs avait orchestré cette solution rassurante pour les utilisateurs et les marchés, dans l’attente de pouvoir officiellement annoncer la nouvelle entrée de gamme d’Apple, l’iMac.

L’entrée de gamme Macintosh, chez Umax puis chez Apple, au début de l’été 1998

Une décision pas si évidente

La décision de mettre fin au marché des clones n’allait pas forcément de soi. Un sondage Dataquest commandé par ComputerWorld en septembre 1997 prévient ainsi que 40 à 60 % des 100 000 utilisateurs de clones sont susceptibles d’abandonner le Mac et de passer sous Windows plutôt que de rejoindre Apple. Alors Steve Jobs lui-même prend la plume pour justifier ce changement de politique controversé. Dans un courrier adressé à ses salariés, il dresse un constat sans concession :

À chaque fois que nous fournissons une licence de Mac OS, c’est comme si nous versions une subvention de plusieurs centaines de dollars. Nous sommes persuadés que si nous continuons ainsi, nous ne serons jamais bénéficiaires malgré nos efforts. Tout l’écosystème du Macintosh pourrait s’effondrer, jusqu’à la mort d’Apple et des fabricants de clones. — Steve Jobs, septembre 1997

Et c’est ainsi que s’achèvera l’aventure des clones. On continuera d’en croiser, par-ci par-là. Déjà parce que beaucoup d’entre eux continueront bon gré mal gré leur carrière, supportant sans broncher les mises à jour jusqu’à Mac OS 9 en 1999. Mais aussi parce que les fabricants de périphériques continueront de chouchouter ces machines, en proposant des cartes accélératrices, leur donnant accès aux PowerPC G3 puis G4 sur leurs supports ZIF ou PCI. Mais à l’arrivée de Mac OS X, les clones seront définitivement mis sur la touche (sauf à bricoler à l’aide du logiciel XPostFacto).

Bien sûr, il est aisé de relire l’histoire 25 ans plus tard, voire de la réécrire à notre manière. On trouve aujourd’hui peu de circonstances atténuantes aux responsables qui ont soutenu la politique des clones à la tête d’Apple. Pourtant, la disponibilité de Mac OS sous licence était une demande de longue date des utilisateurs de Mac. Les marchés étaient persuadés qu’Apple ne pourrait concurrencer Microsoft qu’en adoptant la même politique. Dans la tempête, les derniers soutiens de la marque auraient pu quitter la barque si elle s’était entêtée à faire cavalier seul. L’ouverture de Mac OS aux cloneurs a permis de garder l’espoir, quelques mois supplémentaires, que le Mac n’était pas mort, que Windows n’avait pas gagné, et qu’un miracle allait avoir lieu. Les cloneurs ont peut-être apporté cette touche d’espoir que Michael Spindler et Gil Amelio ne pouvaient pas offrir seuls. Quant aux miracles, Steve Jobs s’en est chargé.




[Mac] GEEK : La guerre des clones #3 : le CHRP contre-attaque | Club iGen

Jean-Baptiste Leheup

L’une des clés sur lesquelles Apple compte pour faire du marché des clones une réussite, c’est le standard PReP, la plateforme de référence PowerPC dont tout le monde parle au milieu des années 90. Car durant le développement du nouveau processeur PowerPC, IBM avait nourri de grandes ambitions : elle avait créé autour de son processeur tout un écosystème apte à concurrencer le standard dominant, le PC équipé de processeurs Intel. Cette PowerPC Reference Platform avait été présentée officiellement en novembre 1993. Comme beaucoup d’entreprises à l’époque, IBM n’avait aucun doute sur sa capacité à créer un ordinateur universel capable d’accueillir un jour tous les systèmes et tous les logiciels du monde.

La guerre des clones
John Sculley (Apple) et James Cannavino (IBM) dans une illustration de ComputerWorld en 1994. Remarquez lequel des deux mordra la poussière si l’acrobatie est un échec…

Une solution miracle (parmi d’autres)

Oui mais voilà : les solutions miracles des années 1990 étaient rarement les bonnes. Il ne suffit pas de fantasmer sur une solution magique pour voir celle-ci se concrétiser sur le terrain. Dans le cas particulier de la PowerPC Reference Platform, Apple bute sur deux obstacles de taille. D’abord, il n’y a pas de ROM spécifique à Apple sur les cartes-mères PReP, une puce pourtant indispensable au système. Par ailleurs, pour lancer le système d’exploitation, la carte-mère au standard PReP s’appuie sur un micrologiciel de démarrage de type ARC (Advanced RISC Computing) avec lequel le système du Macintosh n’est pas compatible. Or ce petit morceau de logiciel contrôle tout l’ordinateur durant quelques instants, avant de passer la main au système d’exploitation. Si les deux ne s’entendent pas, l’ordinateur ne peut même pas démarrer. Et Apple, englué dans sa création d’un système d’exploitation idéal, n’a pas l’intention de faire trop d’efforts pour adapter son système à une nouvelle plateforme.

Le PowerStack de Motorola, un ordinateur compatible PReP à base de 603 (image : le musée Unix de WolfeDen.org)

Quand elle développe son Power Macintosh, Apple ne cache pas sa volonté de considérer que la priorité est la compatibilité avec la génération précédente de Macintosh. Elle conçoit même ses derniers Mac basés sur le processeur 68040 pour qu’ils puissent accueillir le PowerPC sous forme de mise à jour. En lançant son chantier très tôt, Apple ne peut pas tenir compte du projet de standardisation mené par IBM. Quand paraissent les spécifications de la plateforme PReP en novembre 1993, il est trop tard et le travail d’Apple est déjà trop avancé.

Avec son Power Macintosh, Apple dispose dès mars 1994 d’un excellent ordinateur, dont la puissance est unanimement reconnue. Les applications optimisées pour le processeur PowerPC sont extrêmement rapides et l’émulation nécessaire à l’exécution des anciennes applications donne toute satisfaction aux utilisateurs. Pourquoi s’ennuyer à reprendre tout le travail pour un bénéfice tout à fait théorique ? Soyons honnêtes : IBM ne fait pas beaucoup mieux, puisqu’elle continue de développer sa gamme de serveurs PowerStation et RS/6000 dont une bonne partie n’est pas non plus conforme aux spécifications PReP… Mais tout le monde se rassure en promettant de futures générations d’appareils pleinement compatibles avec la norme PReP.

PReP devient CHRP

Devant ce manque d’entrain, la plateforme PReP est abandonnée dès novembre 1994 au profit d’une nouvelle norme dénommée Common Hardware Reference Platform ou CHRP (prononcez tcherp). Comme il se doit (c’est les années 90, après tout), les machines répondant au standard PReP sont incompatibles avec les nouvelles spécifications. CHRP est lui-aussi organisé autour du processeur PowerPC et s’appuie sur le standard PCI pour accueillir toutes sortes de connecteurs grâce à des ponts : NuBUS, SCSI, IDE… Mais surtout, CHRP adopte un nouveau micrologiciel de démarrage, l’Open FirmWare développé par Sun pour ses serveurs SPARC et déjà adopté par Apple en même temps que le format PCI.

Cette fois-ci, l’alliance IBM-Apple-Motorola n’a aucun doute : sur les ordinateurs répondant au standard CHRP, il sera possible d’installer non seulement MacOS et AIX (l’Unix d’IBM), mais aussi OS/2 (le système grand public d’IBM, assez populaire à l’époque), Windows NT (l’étoile montante chez Microsoft) ou encore les systèmes de Novell et Sun. Avec une petite couche d’émulation x86 par-dessus, on obtenait la compatibilité avec Windows 3 et DOS, et donc le Graal de l’informatique personnelle.

CHRP et le PowerPC 620

Faut-il préciser que CHRP était toute entière tournée vers le processeur PowerPC 620, le processeur maudit de la lignée, promis dès 1993 mais attendu jusqu’en 1997 ? Ce monstre de puissance, 64-bits, ultra-performant, conçu pour les systèmes multi-processeurs, aurait dû ridiculiser le PowerPC 604 et, bien évidemment, toute la famille des Pentium. Il arrivera finalement tellement tard qu’entre-temps, le petit PowerPC 603 aura évolué en PowerPC 750, dit « G3 », avec le succès que l’on connaît.

CHRP décrit dans le détail tout le fonctionnement de l’ordinateur, depuis la phase d’auto-test qui précède le démarrage proprement dit, jusqu’à la gestion de la mise en veille, en passant par le type de lecteurs de disquettes, le nombre de boutons de la souris, la manière dont se font les échanges entre le processeur, la mémoire et les différents éléments de la machine. Non seulement le constructeur de l’ordinateur doit se soumettre aux choix arrêtés par le consortium AIM, mais les systèmes d’exploitation eux-mêmes doivent être adaptés en tenant compte du matériel qui les anime. Plus exactement, CHRP intègre un grand nombre de couches d’abstraction, qui permettent officiellement de simplifier la vie des développeurs ; le logiciel n’a plus besoin de s’adresser directement au matériel, il lui suffit d’appeler des fonctions définies dans la norme, auxquelles répondent chaque pièce de la machine, compatibles CHRP. C’est tellement beau, on dirait du Taligent.

Un petit, mais alors vraiment tout tout petit, aperçu des spécifications CHRP.

En réalité, la mise en place d’un tel système est une vraie plaie qui oblige à repenser totalement le développement du système, de ses extensions et de ses périphériques. Pour Apple, cela implique de retravailler en profondeur son système d’exploitation, mais aussi de repenser complètement la carte-mère de ses Power Mac. Car CHRP n’intègre pas les technologies qu’Apple utilise à l’époque, comme le réseau AppleTalk ou le port ADB. Et Apple ne veut pas non plus prendre le risque de voir la légendaire simplicité du Macintosh voler en éclat parce que chaque fabricant de compatible-CHRP pourra décider d’intégrer ou non telle ou telle technologie.

Pourtant, CHRP intègre immédiatement le portefeuille de solutions miracles qu’Apple sert à toutes les sauces durant les années 1990. Tout comme Taligent est la réponse toute trouvée aux inquiétudes quant à l’avenir du système d’exploitation face à Windows 95, CHRP est la réponse à ceux qui voient s’organiser le monde PC où se répand le Pentium, ses cartes-mères compatibles et le plug’n’play de Windows 95.

Chaque année, on nous faisait le même coup… Sérieusement, il fallait avoir la foi pour y croire encore, aux projets d’Apple, à l’époque.

Dans les colonnes du numéro d’octobre 1995 de MacWorld, on trouve même un dossier spécial sur cinq pages à propos de Quix, une minuscule start-up suisse qui vient de porter Mac OS sur une machine PReP d’IBM, le FirePower. Moins de six mois de travail et un groupe de six ingénieurs ont suffit à réaliser cet exploit. Apple jurait pourtant, moins d’un an plus tôt, que porter son système sur la plateforme PowerPC commune lui prendrait plusieurs années !

Il faut dire que cette petite société n’en était pas à son coup d’essai : en 1993, elle avait déjà porté le Système 7 sur les ordinateurs de NeXT, avec la bénédiction d’Apple. Rien de tel cette fois-ci : si IBM se montre intéressée par le principe, Apple refuse de fournir une licence de Mac OS à Quix. Officiellement, Apple craint que ce portage ne soit trop compliqué à reproduire pour d’autres machines et d’autres versions du système. Elle craint aussi que cette adaptation de Mac OS entraîne une demande pour une version PReP de Copland, ce qu’elle n’a pas prévu de développer, se concentrant officiellement sur CHRP.

Entre les lignes, on peut aussi imaginer qu’Apple a déjà compris que la plateforme commune autour du PowerPC, quel que soit son nom, est une impasse. D’ailleurs, côté matériel, les choses avancent très lentement. Plus d’un an après avoir annoncé CHRP, l’alliance AIM en est toujours à présenter des prototypes en espérant pouvoir signer une version définitive de la norme à la fin de l’année 1995. La (pas si nouvelle) promesse de CHRP, à nouveau rebaptisée « The PowerPC Platform » (PPCP) : permettre de développer rapidement de nouveaux ordinateurs compatibles avec plusieurs systèmes. Une solution idéale pour convaincre les développeurs de logiciels, de cartes d’extension et de périphériques d’adapter leurs produits PC à cet autre marché.

Janvier 1996 : la solution miracle est en route. À nouveau.

Pour les cloneurs, c’est pourtant une formidable nouvelle : plus besoin de se fournir en pièces auprès d’Apple, il suffira d’assembler des composants standards. Motorola se lance le premier sur ce créneau, mais il lui faudra plus d’un an pour parvenir à mettre au point ses Starmax 5000 et 6000. Même Jean-Louis Gassée, ancien haut placé chez Apple, choisit cette plateforme commune au moment de développer sa Be Box, un ordinateur conçu pour faire tourner son système Be OS qui fait rêver le monde entier avec son multitâche et ses capacités multimédia avancées.

À peine arrivé, déjà oublié

Oui, mais voilà, dès février 1996, IBM jette l’éponge et cesse le développement d’OS/2 pour PowerPC. Puis en décembre 1996, c’est Microsoft qui renonce à maintenir sa version de Windows NT pour ce processeur. En janvier 1997, Be abandonne la plateforme CHRP et se concentre sur son système d’exploitation (pour Power Mac, puis pour Pentium). Et avec le retour de Steve Jobs aux commandes, les projets d’adapter Mac OS à la plateforme CHRP sont abandonnés, et le marché des clones, enterré. Pire, les machines à base de CHRP sont explicitement exclues des discussions au moment de négocier les derniers mois de production, durant l’été 1997.

Si l’on résume cette courte période qui a vu naître et mourir PReP-CHRP-PPCP, on retrouve la recette miracle des difficultés d’Apple dans les années 90 :

  • la schizophrénie permanente : tout reprendre à zéro tout en conservant tous les acquis du passé, menant à des usines à gaz explosant avant même leur mise en route ;
  • la peur de faire cavalier seul, menant à des alliances aussi changeantes qu’inopérantes ;
  • la promesse de rendre le Mac compatible avec Windows NT, un système vu comme l’avenir du monde PC ;
  • et la certitude que l’imitation du modèle économique de Microsoft pourrait sauver Apple.

Et c’est donc dans ce contexte étrange, où la relation « je t’aime moi non plus » d’Apple et IBM fait la pluie et le beau temps, que nous refermons cette parenthèse et , plus contemporaine que consubstantielle à l’histoire des clones.