Archives de la catégorie: Santé

[Santé] Covid-19 : Pour éviter d’autres confinements, les personnes contagieuses doivent s’isoler plus rapidement


Une femme passe devant un restaurant fermé en raison du second confinement, à Paris le 18 novembre 2020. Thomas Coex / AFP

Le délai écoulé entre le contact d’une personne avec le coronavirus SARS-CoV-2 et son isolement est un indicateur central de l’efficacité des mesures mises en place dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19. Dans notre pays, cet indicateur n’est actuellement pas précisément estimé ni suivi, cependant la surveillance réalisée par Santé publique France suggère qu’il est de l’ordre de six à sept jours. Si ce laps de temps a diminué par rapport à ce qu’il était au printemps, il est encore trop élevé et demeure supérieur à celui observé dans les pays contrôlant le mieux l’épidémie, tels que Hongkong, Taiwan, la Nouvelle-Zélande, ou le Japon notamment.

Si nous ne parvenons pas à faire tendre ce nombre de jours vers zéro, la France risque d’être condamnée à la répétition de mesures concernant la société tout entière, telles que le confinement généralisé, tant que des traitements antiviraux ou un vaccin efficace ne seront pas disponibles.

Voici quelques pistes pour parvenir à relever le défi de l’isolement précoce.

Pourquoi isoler plutôt que de laisser le virus circuler ?

Avant tout, rappelons qu’en épidémiologie infectieuse, le nombre de reproduction, R, qui correspond au nombre moyen de personnes contaminées par chaque personne infectée, à un instant donné, est un indicateur essentiel. Son estimation et le suivi de son évolution dans le temps permettent d’évaluer l’efficacité des mesures mises en place pour contrôler l’épidémie.

On distingue le nombre de reproduction initial, noté R0, correspondant au nombre de personnes infectées en moyenne par chaque sujet infecté au moment où l’agent pathogène est introduit au sein d’une population dans laquelle l’ensemble des individus sont sensibles, sans mesure de contrôle, du nombre de reproduction effectif (Rt), qui est calculé après le début de l’épidémie. Ce dernier est généralement inférieur à R0, d’une part parce que la proportion de sujets non immunisés à tendance à diminuer et d’autre part du fait de l’introduction d’interventions de prévention. Au printemps, alors que l’épidémie commençait dans notre pays, le R0 du SARS-CoV-2 avait été estimé à 3, autrement dit une personne infectée en contaminait 3 autres en moyenne.

Faire baisser le nombre de reproduction est le but de toute intervention non pharmaceutique. En l’absence de vaccin ou de traitement médicamenteux diminuant la contagiosité, certains ont suggéré de faire décroître la proportion de sujets sensibles en laissant l’épidémie diffuser sans confinement strict et avec des interventions minimales, afin d’essayer d’atteindre une « immunité collective ». Sans entrer dans les détails, précisons qu’il s’agit là d’un processus très « coûteux » pour la société, pas uniquement en termes financiers : cela impliquerait, à l’échelle d’un pays comme la France, de tolérer l’infection de dizaines de millions de personnes. Avec pour conséquences un nombre colossal de cas de maladie, d’hospitalisations et in fine plusieurs centaines de milliers de décès. Par ailleurs, la saturation des hôpitaux entraînerait de nombreuses morts supplémentaires, du fait d’impossibilité de traiter d’autres pathologies en raison de la prise en charge des patients Covid-19.

Un patient va être évacué par vol médical vers un autre hôpital, à l’aéroport de Bron près de Lyon, le 16 novembre 2020. Philippe Desmazes / POOL / AFP

Cette option a été tentée dans certains pays, tels que la Grande-Bretagne (au tout début de l’épidémie), certains États des USA, ou la Suède. Elle est maintenant abandonnée par la plupart des gouvernements, même si la Suède persiste dans cette stratégie, dans un contexte très spécifique de responsabilité collective.

Une alternative permettant de diminuer le nombre de reproduction de l’épidémie est de limiter le nombre de contacts « à risque ».

Diminuer les contacts des personnes contagieuses

Les gestes barrière tels que port du masque, lavage des mains, distanciation physique et sociale, ou aération des locaux ont été mis en place pour limiter les probabilités de contact avec le virus. S’ils sont efficaces, ils ne le sont pas à eux seuls suffisamment, comme l’a montré la reprise épidémique constatée à l’automne 2020. Le confinement permet quant à lui de faire baisser drastiquement le nombre de contacts « à risque » que chacun peut avoir, en restreignant les contacts en dehors du domicile.

Cependant, seuls les contacts avec des personnes contagieuses sont dangereux : qu’une personne non contagieuse rencontre zéro ou cent personnes dans sa journée n’a pas d’impact sur la propagation du virus si toutes ces personnes sont elles-mêmes non contagieuses… Une approche moins contraignante que le confinement généralisé est donc envisageable : elle consiste à faire baisser le nombre de contacts des seules personnes potentiellement contagieuses, c’est-à-dire les « cas contacts » et les cas avérés pendant 7 jours, en les isolant. En effet, si une personne contaminée est isolée rapidement après son infection, avant même de devenir contagieuse, elle ne disséminera pas le virus, indépendamment du fait qu’elle développe ou non des symptômes. C’est ce que prônait le triptyque « tester-tracer-isoler » (TTI), aujourd’hui malheureusement remplacé par « tester-alerter-protéger » (TAP), une formulation plus floue et moins efficace pour contrôler l’épidémie qui ne met plus en avant les termes les plus importants : « tracer » et « isoler ».

Théoriquement, s’il était possible de mettre en œuvre un isolement « parfait » des personnes potentiellement contaminées, à l’échelle de l’ensemble de la société, c’est-à-dire en isolant 100 % des personnes contagieuses, au bout de deux à trois semaines (la durée maximale de la maladie), il n’existerait plus de cas d’infection.

Dans la réalité, les mesures visant à atteindre cet objectif ne seront probablement pas mises en place de façon parfaitement efficace. Il peut en outre exister des cas d’infection importés. Dans ces conditions, la maladie persistera, mais à bas bruit. Si les quelques cas qui ne sont pas immédiatement isolés le sont dans un délai bref, limitant le nombre de contacts à risque qu’ils peuvent avoir, l’épidémie restera sous contrôle, et ce d’autant plus que le reste de la société respectera les gestes barrière. C’est la situation actuelle dans laquelle se trouve l’Australie par exemple.

À quel moment isoler les personnes infectées ?

Le moment idéal pour isoler une personne ayant été en contact avec le virus, suite à un dîner avec une personne infectée par exemple, se situe immédiatement après ledit contact. En effet, la phase contagieuse débute environ deux ou trois jours après la rencontre avec le coronavirus SARS-CoV-2. En isolant immédiatement la personne qui s’est trouvée dans une situation à risque, on évite donc qu’elle ne contamine d’autres individus.

S’il s’avère qu’un isolement immédiat n’a pas été possible, il peut aussi être mis en place le plus tôt possible durant la phase contagieuse, avant le développement éventuel des symptômes. Mais dans ce cas, la personne a pu en infecter d’autres avant d’être isolée.

On peut enfin envisager un isolement après le début des symptômes (rappelons que seuls les deux tiers des individus infectés en développent), à condition toutefois que moins de sept jours se soient écoulés depuis leur début. Au-delà de ce délai, il est probable que la personne ne soit plus contagieuse. L’isolement est donc alors inutile. Dans un contexte de pénurie de tests, la réalisation d’un test diagnostique au-delà de 7 jours peut à ce titre être considérée comme inutile, voire néfaste du point de vue de la santé de la collectivité (s’il retarde la réalisation des tests chez les personnes potentiellement infectées qui seraient à un stade plus précoce après le contact avec le virus).


La minimisation du délai moyen entre le contact avec le virus et l’isolement est essentielle pour lutter efficacement contre l’épidémie. Il est fondamental de maximiser le nombre de cas isolés dans la situation n° 1. Author provided

Il serait central que la répartition des personnes entre les situations 1, 2 et 3, et 4, soit mieux mesurée et suivie, et que tous les efforts soient faits pour déplacer la proportion la plus élevée possible des cas vers la situation 1 d’isolement avant le début de la période contagieuse. L’évolution de cette répartition, qui conditionne le délai entre le contact et l’isolement, représente un très bon marqueur de l’efficience de la réponse de la société.

À nombre de nouvelles personnes infectées équivalent, il existe une énorme différence entre une communauté qui réussit à isoler les cas avant la période contagieuse et une communauté où de nombreux cas sont isolés dans la période contagieuse, ou plus tard : c’est la différence existant entre une société qui est sur la voie du contrôle de l’épidémie et une société où la maladie continue à s’étendre.

L’importance du traçage

L’étape de traçage des contacts est primordiale. Il s’agit non seulement d’identifier les individus qui ont pu être infectés par le cas détecté (appelés les « cas descendants » ou « cas contacts », que l’on identifie par ce que les Anglo-saxons appellent le « forward tracing »), mais aussi d’identifier le cas qui est susceptible d’être à l’origine de la contamination de l’individu considéré. Ce cas est appelé « cas ascendant », et on l’identifie par « backward tracing ».

L’identification des cas descendants est grandement facilitée par un isolement précoce : si on réussit à identifier et isoler les cas potentiels juste après leur contamination, avant le début de la phase contagieuse, il n’y aura pas, ou peu, de cas descendants à isoler. Inversement si, comme cela arrive souvent aujourd’hui, on n’isole que sur la base d’un test réalisé trois ou quatre jours après le début des symptômes (donc environ cinq à six jours après le début de la phase contagieuse), les cas contacts seront plus nombreux. En outre, ils seront difficiles à identifier : il n’est pas évident de se souvenir de tous nos contacts sociaux plusieurs jours après. Surtout, certains de ces contacts auront déjà pu être à l’origine de nouvelles contaminations.

Le traçage des cas implique le traçage des cas descendants (qui ont pu être contaminés par le cas identifié, parfois appelé traçage en avant, ou_ forward tracing_ en anglais) et le traçage du cas ascendant (celui qui a pu contaminer le cas, ou backward tracing, et qui correspond à l’approche classique d’investigation de cluster). Author provided

L’approche consistant à investir de l’énergie sur les cas « parents » (les cas « ascendants ») est quant à elle particulièrement payante au début d’une vague épidémique. Elle l’est également si les cas ont tendance à survenir en grappe. Or dans le cas des coronavirus comme le SARS-CoV-2, il a été démontré une forte tendance à l’agrégation des cas, c’est-à-dire à un développement en clusters ou foyers épidémiques dans les premiers temps de l’épidémie.

Cela signifie qu’il existe, à ce moment au moins, une petite fraction de sujets qui sont responsables d’une fraction disproportionnellement importante de cas de contamination. Les identifier n’est pas simple et nécessite d’avoir recours à un examen plus détaillé et remontant plus loin que lors de la recherche des cas descendants. Cette approche serait cependant particulièrement pertinente, en particulier dans une phase où l’épidémie a été bien contrôlée, pour diminuer le risque qu’elle ne redémarre.

Le Japon y a eu recours avec succès au début de la phase actuelle de l’épidémie. Le recours le plus large possible de la population à des applications de « contact tracing » telles que l’application « TousAntiCovid » peut grandement favoriser l’identification rétrospective d’agrégations de cas, tout en respectant la confidentialité des données personnelles.

Une fois cette identification réalisée, l’isolement doit se mettre en place immédiatement. Des recommandations précises concernant une stratégie d’auto-isolement « alliant la promotion du devoir de solidarité à des mesures de compensations » ont déjà été formulées par le Conseil scientifique Covid-19.

Une situation floue en France

En France il est difficile d’avoir une vision précise de la situation en matière de délai d’isolement des cas, car le délai entre le contact avec le virus et l’isolement de la personne concernée n’est pas très précisément suivi.

Les précieux points épidémiologiques hebdomadaires fournissent toutefois des données permettant de l’estimer indirectement, telle que la valeur moyenne du délai entre la date des premiers signes cliniques et la date du prélèvement pratiqué pour réaliser le test de RT-PCR. Cette valeur est connue pour 51 % des cas identifiés (dont on ne sait pas cependant pas s’ils sont représentatifs de l’ensemble des cas). Elle était, pour la deuxième semaine de novembre 2020, de 3,1 jours. Au printemps, elle avait dépassé dix jours.

Sachant que le délai entre le début de la phase contagieuse et l’apparition des premiers symptômes est de l’ordre de deux jours en moyenne, et que le délai entre le prélèvement et le résultat du test RT-PCR puis l’isolement peut encore ajouter un ou deux jours, on peut estimer que le délai entre le début de la phase contagieuse et l’isolement, était mi-novembre encore au minimum en moyenne de l’ordre de 6 à 7 jours dans notre pays. C’est trop.

Nombre de jours moyens entre les premiers signes cliniques et la date de prélèvement pour effectuer le test de RT-PCR, par semaine en France entre le 13 mai et le 8 novembre 2020 (fin de la semaine 45). Pour la semaine 45, l’estimation s’appuie sur 51 % des 247 305 nouveaux cas renseignés. Santé Publique France, bulletin épidémiologique hebdomadaire du 12 novembre 2020, Author provided

Depuis le début de l’épidémie, la Nouvelle-Zélande a réussi à faire chuter le délai avant isolement de 7,2 jours à – 2,7 jours. Autrement dit, les cas étaient, au début de l’infection, isolés environ une semaine après le début de leurs symptômes ; ils le sont désormais en moyenne environ 3 jours avant le début des symptômes.

En France, on voit qu’avec un délai probablement d’au moins trois jours entre les premiers symptômes et la réalisation d’un test, estimé qui plus est sur un échantillon probablement non représentatif de cas, on est très loin, d’environ une semaine ou plus, de la situation néo-zélandaise. Et ce, alors même qu’une alerte sur les lenteurs du « tester-tracer-isoler » avait été lancée dès le mois de juillet dernier par le Conseil scientifique.

Isolement immédiat : concrètement comment faire ?

Être en mesure d’isoler dans les plus brefs délais implique de pouvoir réaliser des tests diagnostiques rapidement après la suspicion d’un contact avec le virus (en laissant les quelques jours nécessaires à la charge virale pour être détectable) ou, mais c’est déjà tard, dès l’apparition du moindre symptôme chez les sujets infectés qui n’étaient pas identifiés comme cas contact.

Cela semble difficile à mettre en place en France aujourd’hui. Pour parvenir à améliorer la situation, certaines conditions semblent importantes :

– Réussir à tester et diagnostiquer la majorité des cas SARS-CoV-2 avant les premiers symptômes, ou au plus tard au moment de leur survenue, et non pas 3 à 5 jours après : la mise en place d’un opérateur unique, responsable du recueil des déclarations de symptômes, de la réalisation des tests (incluant une aide à la prise de rendez-vous), du traçage du cas ascendant et des cas descendants, ainsi que de l’accompagnement de l’isolement pourrait permettre d’atteindre cet objectif. Le « point d’entrée » dans ce système tester-tracer-isoler serait le numéro vert Covid et un site Internet associé.

– Déclencher l’isolement en amont du test diagnostique, sur la base d’un bref questionnaire standardisé et d’un algorithme simple lors de l’appel au numéro vert : si on ne peut tester-tracer-isoler efficacement, il faut au moins tracer-isoler, plutôt que de risquer de ne pas tracer et isoler les personnes que l’on n’arrive pas à tester. Mieux vaut mettre en quarantaine un peu trop de monde que l’inverse, si cela peut diminuer la durée de confinement de tout un pays. réduire le délai avant l’isolement est la priorité. Ceci implique d’avoir un nombre conséquent de répondants à ce numéro vert ; une assistance informatique pourrait permettre de limiter un peu les moyens humains nécessaires. La prise en charge du point de vue de la prévention est souvent le résultat d’un test de diagnostic, ce qui est trop tardif.

– Centraliser la gestion de la file des rendez-vous pour la réalisation des tests de diagnostic : à l’heure actuelle, ceci est réalisé sans cahier des charges précis par des opérateurs privés et publics. Dans certaines villes, il n’est pas possible de prendre rendez-vous sur Internet ni au téléphone, il faut se déplacer dans un laboratoire pour le faire, et ledit rendez-vous est ensuite parfois proposé seulement plusieurs jours plus tard. Il n’y a pas de logique claire de priorisation, en dépit de recommandations trop peu clairement explicitées ou appliquées (même si la situation tend à s’améliorer).

– Convaincre la société de jouer le jeu : réduire drastiquement le délai entre l’infection et l’isolement ne pourra être que le résultat d’un effort collectif. La réussite de cette approche implique que les personnes possiblement infectées acceptent de contacter le numéro vert ou le site Internet dès le moindre contact douteux ou signe clinique relevant de la symptomatologie du Covid-19. Il faut non seulement que ces personnes soient écoutées, informées, conseillées, mais aussi qu’elles adhèrent aux conseils qu’elles recevront, ainsi qu’aux modalités d’isolement proposées. Recevoir un SMS n’est pas une réponse adéquate pour inciter à l’isolement, qui constitue un changement radical de mode de vie, même s’il ne dure que quelques jours. Cette situation nécessite un dialogue personnalisé.

Les applications de traçage des contacts tels que « TousAntiCovid », qui a remplacé fin octobre l’application « StopCovid », critiquée et peu utilisée, sont un outil important dans la mise en place de l’isolement précoce. Damien Meyer / AFP

Soulignons que cette stratégie ne doit évidemment pas empêcher le contact avec un médecin si la personne est considérée comme risquant de développer une forme grave de la maladie, ou si elle a des symptômes préoccupants. La réponse thérapeutique individuelle doit se déployer en parallèle de la réponse de santé publique.

Enfin, ces propositions ne doivent pas dispenser d’une étude approfondie des mesures mises en place par les pays où l’isolement fonctionne efficacement.

Le coût de l’isolement

Ne nous voilons pas la face : le prix à payer pour une telle approche, qui implique d’accompagner et d’isoler un grand nombre de personnes, est très élevé. Des personnes qui se révéleront in fine non infectées pourraient se retrouver isolées en attendant d’obtenir un rendez-vous pour se faire tester et recevoir les résultats des analyses. Si les tests traînent, le coût de cette approche pourrait s’avérer conséquent. Toutefois, ce coût demeurerait a priori plus faible que celui d’un confinement généralisé. Au-delà du coût financier, l’isolement peut s’avérer difficile à supporter pour certaines personnes, surtout s’il se fait en dehors du domicile, en vue de protéger les autres membres du foyer.

Par ailleurs, l’isolement des cas peut être perçu comme plus inégalitaire que le confinement généralisé. Il faut cependant garder en mémoire qu’un confinement généralisé n’a rien d’égalitaire : lors du premier confinement, de mars à mai 2020, les personnes appartenant aux catégories sociales les moins favorisées ont rencontré de bien plus grandes difficultés que les personnes plus aisées.

Isoler, pendant au maximum une dizaine de jours, les seules personnes ayant récemment été en contact prolongé avec une personne infectée ou celles ayant des symptômes constitue une contrainte moins forte pour la collectivité que devoir isoler à répétition toute la société pendant quatre à six semaines, ce qui revient à en modifier profondément le fonctionnement plusieurs fois par an. L’exemple de pays d’Asie et d’Océanie donne à penser que si la première approche est correctement mise en œuvre, elle pourrait nous dispenser d’avoir recours à la seconde.

Il est donc important d’agir collectivement dès maintenant à la mise en œuvre de ces mesures, pour empêcher ou retarder une nouvelle flambée épidémique après ce second confinement. Cette menace pèse de manière bien réelle sur le premier semestre de l’année 2021, sauf si la vaccination venait à modifier le paysage épidémique…




[Santé] Coronavirus : l’immunité pourrait finalement durer « des années »

La question de la durée de l’immunité dans la Covid-19 est primordiale pour espérer mieux comprendre l’évolution de la pandémie. Faible, elle ne permettra jamais d’arriver à une immunité collective. Si, en revanche, cette immunité dure des années, on peut espérer que le virus s’éteindra de lui-même faute de combattants. Malheureusement, les différentes études sur le sujet sont contradictoires. Car l’immunité est bien plus compliquée qu’une simple histoire d’anticorps.

Pas un seul jour ou presque sans que ne tombe une nouvelle étude sur la durée de l’immunité au coronavirus. Certaines plutôt rassurantes, mettant en avant un niveau d’anticorps significatif après plusieurs mois, d’autres alertant au contraire sur la faible durée de ces anticorps, notamment chez les personnes asymptomatiques ou ayant développé des formes peu sévères. Certains patients n’en développent même pas du tout ! Or, cette question est fondamentale si l’on veut entrevoir la fin de l’épidémie : si la durée de l’immunité est faible, il faut s’attendre à des vagues successives sans fin et à devoir multiplier les rappels de vaccin. Si, au contraire, elle dure des années, le virus disparaîtra lorsque suffisamment de personnes auront été immunisées.

Les anticorps : seulement une petite partie du tableau immunitaire

La majeure partie des études se focalisent sur les anticorps qui apportent la réponse la plus directe et la plus rapide pour combattre les virus. Sauf que le système immunitaire est bien plus complexe que cela et dispose d’autres moyens pour se protéger. Une large étude, encore non relue et publiée sur le serveur bioRxiv, suggère qu’en prenant en compte l’ensemble de la réponse immunitaire, nous pourrions être protégés du coronavirus pendant « des années », voire « des décennies ».


Évolution des différentes composantes de la réponse immunitaire près l’infection : anticorps IgA, IgB, IgG, lymphocytes T CD4 et CD8. © Jennifer Dan et al., bioXriv, 2020
Évolution des différentes composantes de la réponse immunitaire près l’infection : anticorps IgA, IgB, IgG, lymphocytes T CD4 et CD8. © Jennifer Dan et al., bioXriv, 2020 

Les chercheurs se sont penchés sur les quatre principales composantes de la réponse immunitaire, à savoir les anticorps, les lymphocytes B, ainsi que les lymphocytes T CD8+ et T CD4+. Les échantillons ont été prélevés chez 189 patients américains, âgés de 19 à 81 ans, la plupart présentant des symptômes légers. Non seulement les chercheurs ont noté une baisse relativement modeste des anticorps 6 à 8 mois après l’infection mais ils se sont aperçus que le nombre de cellules B était en hausse — une surprise non anticipée. Les cellules T ne montrent elles aussi qu’une légère et lente diminution, ce qui laisse espérer une persistance à long terme. « Cette étude est la première à tracer la réponse immunitaire de manière aussi détaillée », se félicitent les auteurs.

Lymphocytes B et T : une immunité au long cours

Ces résultats encourageants sont en ligne avec d’autres études. Il a ainsi été montré que des survivants de l’épidémie de Sras de 2003 ont encore des anticorps neutralisants 17 ans après. Une autre étude de l’université de Fribourg (Allemagne) montre que les patients atteints de Covid-19 développent une réponse immunitaire puissante par l’intermédiaire des lymphocytes T CD8+, capables d’éliminer les agents pathogènes même en l’absence d’anticorps.

Le coronavirus se diffusant relativement lentement dans l’organisme, il laisse le temps aux cellules immunitaires de s’organiser. © Kateryna_Kon, Adobe StockLe coronavirus se diffusant relativement lentement dans l’organisme, il laisse le temps aux cellules immunitaires de s’organiser. © Kateryna_Kon, Adobe Stock 

Contrairement à la réponse humorale produite par les anticorps neutralisants, l’immunité conférée par les cellules B et T n’est toutefois pas stérilisante, c’est-à-dire qu’elle n’empêche pas d’être à nouveau infecté. Mais elle est suffisante en théorie pour empêcher une forme grave de la maladie. Cette protection serait d’autant plus efficace, selon les auteurs de l’étude, que le Sars-CoV-2 se diffuse relativement lentement dans l’organisme, laissant le temps au mécanisme immunitaire de réagir. « Le coronavirus est arrêté suffisamment rapidement pour que non seulement vous ne ressentiez aucun symptôme mais pour que vous ne soyez pas infectieux », assure Alessandro Sette, chercheur à l’Institut d’immunologie de La Jolla et coauteur de l’étude.

Il n’est pas déraisonnable de penser que cette mémoire immunitaire dure des années, voire des dizaines d’années

L’avantage des cellules immunitaires par rapport aux anticorps, c’est qu’elles sont produites en grande quantité et ne déclinent pas trop au fil des ans. « Il n’y a aucun signe que les cellules mémoires puissent soudainement s’effondrer. Habituellement, on observe une lente décomposition au fil des ans », indique Akiko Iwasaki, immunologiste à l’université de Yale et interrogé par le New York Times. « Il n’est pas déraisonnable de penser que ces composants de la mémoire immunitaire durent des années, voire des dizaines d’années », confirme son collègue Deepta Bhattacharya, de l’université d’Arizona. On n’a toutefois pas encore réussi à déterminer quelle quantité d’anticorps ou de cellules immunitaires est nécessaire pour offrir une protection suffisante. Ce taux pourrait lui-même être très variable selon les individus. La réponse à la durée de l’immunité ne sera peut-être jamais tranchée.




[Santé] Moderna annonce un vaccin efficace à plus de 94,5 % contre le coronavirus !


Les annonces concernant les vaccins contre le coronavirus se succèdent depuis une semaine. Aujourd’hui, c’est Moderna Pharmaceutics qui indique que son vaccin est efficace à plus de 94,5 %. De plus, il présente un avantage non négligeable face à celui de son concurrent Pfizer.

Jamais deux sans trois ! Le 9 novembre dernier, Pfizer annonçait 90 % d’efficacité pour son vaccin contre la Covid-19, suivi le 11 novembre par la Russie déclarant que le sien l’était à 92 %. Aujourd’hui, c’est au tour de Moderna Pharmaceutics, la société pharmaceutique américaine qui a travaillé avec l’université de Cambridge, de publier son communiqué de presse sur l’efficacité de son candidat-vaccin contre la Covid-19.

Et de déclarer que son vaccin était efficace à plus de 94,5 %. Encore une fois, il ne s’agit là que d’un communiqué de presse seul, sans étude scientifique publiée en bonne et due forme, les informations peuvent donc être sujettes à caution.

94,5 % d’efficacité sur 95 patients Covid

Moderna a communiqué sur les résultats intermédiaires de la phase 3 des essais cliniques, leur candidat-vaccin, mRNA-1273 est donc à peu près au même stade que son concurrent direct, BNT162b2 de Pfizer. Les deux vaccins sont basés sur la même technologie, à savoir un vaccin à ARN messager et fonctionnent avec deux injections.

Le vaccin mRNA-1273 a été testé sur plus de 30.000 personnes au total et son efficacité a été testée sur 95 patients porteurs de la Covid-19. Parmi eux, 15 adultes âgés de plus de 65 ans et 20 personnes d’origines ethniques différentes. Ce sont 90 d’entre eux qui ont reçu un placebo et 5 le vaccin.

Comparé au groupe placebo, le vaccin mRNA-1273 est efficace à plus de 94,5 % pour prévenir la maladie, deux semaines après la seconde injection. C’est le vaccin qui rapporte la plus forte efficacité pour le moment. Aucun effet secondaire grave n’a été rapporté par les participants mais tout de même de nombreux désagréments : fatigue (9,7 %), myalgie (8,9 %), arthralgie (5,2 %), maux de têtes (4,5 %) et douleurs (4,1 %) sont les plus fréquents.

Un stockage au réfrigérateur possible

Dans un communiqué de presse distinct, Moderna a partagé des informations sur le stockage et la stabilité de son vaccin. Celui de Pfizer, aussi basé sur les ARN messagers, doit être conservé à -80° C, mais le vaccin mRNA-1273 peut se conserver 30 jours entre 2 et 8° C. Il reste stable à température ambiante environ 12 heures. Au-delà de six mois, il doit être conservé entre – 15 et – 20° C. Un avantage indéniable par rapport au vaccin de Pfizer puisqu’une simple conservation au réfrigérateur convient avant l’injection.

Moderna va soumettre son candidat-vaccin à la FDA (Food and Drug Agency) pour une autorisation d’utilisation d’urgence (Emergency Use Authorization) d’ici quelques semaines. Le gouvernement américain a déjà signé un accord à hauteur de 1,525 milliard de dollar pour se procurer ce vaccin. La société pharmaceutique prévoit de produire 20 millions de doses vaccinales d’ici fin 2020 pour les États-Unis, et jusqu’à 1 milliard en 2021 pour le monde entier. 




[Santé] Covid-19, une nouvelle complication de la maladie découverte


Les personnes ayant contracté le Covid-19 pourraient bien être susceptibles à de nouvelles complications. Une étude publiée par l’Université d’Oxford montre que dans les trois mois suivant un test positif, une personne sur cinq est atteinte de troubles psychiatriques comme l’anxiété, la dépression ou l’insomnie.

Le Covid-19 pourrait avoir des conséquences sur le long terme pour certains patients. Si des symptômes qui durent ou des séquelles physiques ont d’ores et déjà été observés dans les semaines qui suivent la contraction de la maladie, il semblerait que cette dernière ait également une influence psychiatrique dans les mois qui suivent.

Une étude de l’Université d’Oxford et du National Institute for Health Research (NIHR), centre de recherche biomédicale pour la santé de la même ville, sur 62 000 dossiers de patients ayant contracté le Covid-19 sans avoir besoin d’être hospitalisés, a révélé que près d’une personne sur cinq avait un risque de se voir diagnostiquer des troubles psychiatriques dans les 90 jours qui suivent le test positif au coronavirus.

18,1 % atteints de troubles psychiatriques après 90 jours

Sur le panel de patients étudiés, près d’une personne sur cinq a développé des troubles psychiatriques entre 14 et 90 jours après le test. Un chiffre qui a alerté les scientifiques, qui ont alors décidé d’étudier le phénomène en le comparant à d’autres maladies et problèmes de santé.

L’objectif : voir si la grippe, d’autres infections des voies respiratoires, une infection de la peau, des calculs biliaires, des calculs urinaires ou encore la fracture d’un gros os engendraient un taux comparable de personnes atteintes de troubles psychiatriques.

Les résultats de l’étude, disponibles sur la revue en ligne The Lancet Psychiatry, sont flagrants. 5,8 % des patients positifs au Covid ont répondu de manière positive dès un premier examen analysant leurs troubles psychiatriques, contre environ 2,5 % à 3,4 % pour n’importe quel autre problème de santé.

Un écart qui se creuse après plusieurs diagnostics, jusqu’à atteindre 18,1 % de patients atteints de troubles psychiatriques après 90 jours, contre 13 % pour la grippe.

Une conséquence de la maladie ou du contexte « stressant » ?

Paul Harrison, professeur de psychiatrie à l’Université d’Oxford, qui a participé à l’étude, a néanmoins tenu à nuancer ces résultats. Il explique que « des recherches supplémentaires sont nécessaires pour établir si le diagnostic d’un trouble psychiatrique peut être directement lié à l’infection par un coronavirus ».

En effet, d’autres critères plus précis, comme le milieu social, le tabagisme, ou la consommation de drogues n’ont pas été pris en compte lors de l’étude. Il ajoute par ailleurs que le contexte « stressant de la pandémie » a certainement joué un rôle important.

Mais bien que cela reste à démontrer de manière plus efficace, il l’assure : « Il n’est pas du tout improbable que le Covid-19 puisse avoir un effet direct sur votre cerveau et votre santé mentale. »

Dépression, anxiété, insomnie et démence

Les conséquences psychiatriques du Covid-19 pourraient aller de la dépression à l’anxiété, impliquer de l’insomnie ou, plus problématique car « souvent irréversible », stipule l’étude : la démence. Ce dernier effet néfaste du coronavirus inquiète tout particulièrement les chercheurs. Cela signifierait que le virus pourrait avoir un effet neurologique chez certains patients. Encore une fois, les spécialistes appellent à la prudence sur la lecture de l’étude, y compris ceux qui ont travaillé dessus.

En effet, seule une étude sur plus long terme permettrait de prouver que le Covid-19 est bien responsable de troubles psychiatriques, ou si ces effets néfastes sont liés au contexte ambiant autour de la pandémie.

« Il n’est peut-être pas surprenant que cela se produise un peu plus souvent chez les personnes atteintes de Covid-19, qui peuvent avoir craint, à juste titre, de devenir gravement malades et qui auront également dû endurer une période d’isolement », a déclaré au Guardian David Curtis, professeur honoraire à l’University College London et à la Queen Mary University of London, qui n’a pas participé à l’étude.

En août, une première étude menée par des médecins de l’hôpital italien de San Raffaele, avait déjà montré que le Covid-19 pouvait avoir un impact sur la santé mentale d’une forte proportion chez les personnes ayant contracté le virus.




[Santé] Peut-on faire confiance à Pfizer ?

C’est clairement la question que va se poser le monde dans les mois qui viennent alors que le groupe pharmaceutique s’apprête à sortir un vaccin qui aura pris à peine plus de temps à faire qu’un Ti-Punch. Un élément de réflexion : sachant qu’à la fin des années 90, Pfizer en croyant trouver le remède miracle contre l’angine de poitrine, s’aperçut que sa molécule était inefficace contre cette affection mais qu’en revanche elle avait tendance à rendre le sourire à des patients souffrant…

… de “mollesse intime” (le Viagra était né), on est en droit d’attendre les effets secondaires du vaccin anti-Covid annoncé avec intérêt, et même espoir.

Découvert par hasard, le Viagra fête ses 20 ans :

Découvert par hasard, le Viagra fête ses 20 ans

Il y a 22 ans, une pilule bleue en forme de losange s’apprêtait à faire son entrée sur le marché pharmaceutique américain et, dans le même temps, à révolutionner la vie sexuelle de millions d’hommes à travers le monde. Approuvé le 27 mars 1998 par l’Agence américaine du médicament (FDA), le médicament produit par le laboratoire Pfizer a depuis lors fait l’objet de 65 millions d’ordonnances et a été vendu à des milliards d’exemplaires.

À l’origine, le Viagra n’était pourtant pas destiné à traiter les dysfonctionnements érectiles. Le citrate de sildénafil – nom chimique du Viagra —, connu pour sa capacité à dilater les vaisseaux sanguins, a d’abord été testé par le laboratoire Pfizer pour soigner l’angine de poitrine. Mais au fil des essais cliniques, la molécule s’est révélée insuffisamment efficace pour soigner cette maladie due au rétrécissement des artères chargées d’alimenter le cœur en oxygène. Par contre, un effet secondaire inattendu a attiré l’attention des chercheurs: chez certains participants, la prise du médicament s’accompagnait d’érections jusqu’à plusieurs jours après la prise du traitement.

En 1993, Pfizer réoriente alors ses recherches vers l’impuissance masculine, trouble qui affecte un tiers des hommes de plus de 40 ans. Cette fois, les résultats s’avèrent probants Le traitement de la «dysfonction érectile» est jusqu’alors le parent pauvre de la pharmacopée moderne, avec des traitements ni pratiques ni efficaces (mini-suppositoires à introduire dans l’urètre, piqûres dans le pénis). L’Agence américaine du médicament (FDA) donne son feu vert pour le nouveau traitement le 27 mars 1998. Sa mise en vente sous le nom de Viagra démarre début avril aux États-Unis.

» LIRE AUSSI – Comment fonctionne le Viagra?

Un succès foudroyant

Le succès du comprimé bleu en forme de losange est immédiat: 150.000 prescriptions sont rédigées aux États-Unis dans les deux premières semaines de commercialisation, trois millions dans les trois premiers mois. Le Viagra suscite un engouement mondial avant même son autorisation en dehors du sol américain. Il apparaît sous le manteau en Israël, Pologne, Arabie Saoudite dès le printemps 98 à des tarifs trois à cinq fois supérieurs au prix légal américain (environ 10 dollars). Rapidement des contrefaçons circulent: du faux Viagra fabriqué en Thaïlande ou en Inde est proposé sur internet quelques semaines après les débuts de sa commercialisation. Le Viagra se classe rapidement en tête des médicaments contrefaits.

Après avoir débarqué officiellement en Europe en septembre 1998, les ventes mondiales de Viagra s’envolent de plus de 30% en 1999 et en 2000, dépassant rapidement le milliard de dollars annuel. Une surprise pour le groupe pharmaceutique qui n’espérait initialement qu’une centaine de millions de dollars de revenus par an. L’usage détourné ou «récréatif» du Viagra apparaît tout aussi rapidement. Dès 1999 une étude britannique montre un usage marginal mais réel du comprimé bleu parmi des jeunes habitués des boîtes de nuit. En 2012, une étude américaine évalue à 8% les jeunes américains qui utilisent du Viagra ou d’autres «facilitateurs d’érection» (Cialis, Levitra) dans le but surtout de se rassurer sur leur performance sexuelle.

» LIRE AUSSI – Quels sont les effets indésirables du Viagra?

Le Viagra, dont des formes génériques sont disponibles depuis 2013 en Europe et depuis fin 2017 aux États-Unis, est également expérimenté comme dopant par des sportifs. Toutefois, l’Agence mondiale antidopage (AMA) ne l’inscrit pas sur la liste des produits interdits: le citrate de sildénafil n’aurait pas d’effet dopant, sauf en haute altitude.

Pour l’heure, il n’existe pas d’équivalent féminin aussi efficace que le Viagra. Et pour cause, les mécanismes qui sous-tendent la baisse de libido chez une femme sont bien différents de ceux en jeu dans les troubles de l’érection. Seule la flibansérine, une molécule commercialisée sous le nom Addyi par le laboratoire Sprout, bénéficie d’une autorisation de mise sur le marché aux États-Unis depuis août 2015. Ce médicament conçu pour soigner l’absence de désir chez la femme n’est pas disponible en Europe.




[Santé] Comment fonctionne le vaccin à ARN de Pfizer ?



La nouvelle a fait le tour de la planète en quelques heures, lundi 9 novembre : le laboratoire pharmaceutique Pfizer a annoncé, par voie de communiqué de presse, avoir mis au point un vaccin « efficace à 90 % » pour prévenir la Covid-19.

Actuellement en essai clinique de phase 3, ce vaccin co-développé par la société BioNtech en Allemagne a été testé sur 43 538 patients au cours d’un essai clinique de phase 3 qui a commencé le 27 juillet dernier. Son principe est simple : la moitié des participants à reçu le vaccin (en deux injections, à trois semaines d’intervalle, pour booster leur système immunitaire), l’autre moitié un placebo, puis les responsables de l’essai ont attendu de constater des contaminations afin d’évaluer l’efficacité du vaccin.

Selon Pfizer et BioNtech, 94 cas de COVID-19 ont été détectés parmi les 43 538 participants à l’essai, et la répartition entre les deux groupes indiquerait que le vaccin est efficace à plus de 90% pour prévenir la maladie. L’essai devant se poursuivre jusqu’à ce qu’un total de 164 cas de COVID-19 soient détectés, rien ne dit que l’efficacité impressionnante annoncée ne baissera pas. Par ailleurs, plusieurs questions restent en suspens : ce vaccin protégera-t-il efficacement les personnes âgées, dont le système immunitaire réagit moins à la vaccination ? Aura-t-il des effets secondaires ? Quid de sa sécurité ?

En attendant la publication des données, plusieurs éléments sont déjà connus, notamment en ce qui concerne la nature de ce candidat-vaccin. C’est d’ailleurs une autre première, puisqu’il s’agit d’un vaccin à acide nucléique, une famille de vaccins dont l’utilisation n’a encore jamais été approuvée en santé humaine.

En quoi consistent ces vaccins, et comment fonctionnent-ils ?

Les vaccins à acides nucléiques, une nouvelle approche vaccinale

Pour comprendre en quoi les vaccins à acides nucléiques diffèrent des vaccins classiques, il faut revenir sur le principe de la vaccination préventive. Cette approche consiste à injecter dans l’organisme de faibles doses d’un agent pathogène (virus ou bactérie) ou des fragments d’agent pathogène, pour exposer le système immunitaire et le préparer à contrer les attaques futures.

Tous les vaccins actuels reposent sur ce principe, qu’il s’agisse de vaccins atténués (contenant un agent pathogène vivant dont la virulence a été a amoindrie), de vaccins inactivés (à base d’agents pathogènes entiers tués), de vaccins « sous-unitaires » (basés sur l’emploi de fragments d’agents pathogènes purifiés) ou de vaccins issus du génie génétique (le fragment d’agent infectieux utilisé est produit par des cellules cultivées en laboratoire, et non plus à partir de microbes purifiés).


Read more: Vaccins vivants atténués : pourquoi il ne faut pas renoncer à les utiliser


Dans le cas des vaccins à ADN et ARN, le principe est fondamentalement différents : il s’agit de faire produire les fragments d’agents infectieux capables de stimuler la réponse immunitaire directement par les cellules du patient.

Comment fonctionnent les vaccins à acides nucléiques ?

Si l’ADN, support de l’information génétique, est une molécule qui est aujourd’hui plutôt familière, l’ARN est moins connue.

Chimiquement proche de l’ADN, mais moins stable, L’ARN joue divers rôles dans nos cellules, mais c’est en particulier un intermédiaire indispensable à la production de protéines.

Schématiquement : la fabrication d’une protéine débute dans le noyau de la cellule, où se trouve l’ADN. Dans un premier temps, la portion de la molécule d’ADN correspondant à la protéine à produire est copiée sous forme d’ARN. Cette molécule d’ARN quitte ensuite le noyau : elle passe dans le cytoplasme de la cellule, où elle sera utilisée comme un « guide de montage » de la protéine.


https://youtu.be/pnYNsbCWBLg

ADN, ARN, gènes, protéines… Quelques rappels de base sur le fonctionnement de notre génome.

Dans le cas des vaccins à ADN ou à ARN, l’idée est d’injecter au patient des molécules d’ADN ou d’ARN correspondant à des protéines de l’agent pathogène contre lequel on souhaite l’immuniser. Ces protéines sont choisies en fonction de leur capacité à provoquer une réponse immunitaire, ou « immunogénicité ». Après injection de l’ADN (ou l’ARN) correspondant, les cellules de l’individu à vacciner fabriqueront elles-mêmes lesdites protéines.

Le candidat-vaccin de Pfizer et BioNtech emploie un ARN messager codant pour la protéine Spike du coronavirus SARS-CoV-2 (prefusion spike glycoprotein – P2 S), la « clé » qui lui sert à entrer dans les cellules qu’il infecte.

Les avantages des vaccins à base d’ADN ou d’ARN

Plus faciles à fabriquer, grâce à une méthode de production standardisée, peu coûteuse, extrêmement bien définis d’un point de vue moléculaire, les vaccins à ADN et ARN ont un potentiel de développement très important et pourraient protéger à la fois contre des maladies infectieuses (vaccins prophylactiques) ou lutter contre des pathologies cancéreuses (vaccins thérapeutiques).

Ils sont aussi mieux maîtrisés que les vaccins « traditionnels », car ils n’utilisent pas de virus entiers comme dans les vaccins issus de virus vivants atténués, inactivés ou recombinants, ni d’adjuvants, mais simplement une molécule d’acides nucléiques (ADN ou ARN).


Comparaison entre un simple brin d’ARN (à gauche) et une double hélice d’ ADN (à droite), avec les correspondances Nucléotides (et bases azotées). Sponk / Wikimedia Commons, CC BY-SA

Les vaccins contenant de l’ADN sous forme de double hélice (une hélice constituée de deux brins) peuvent être stables à température ambiante (cette molécule est si résistante qu’elle permet de dater des objets très anciens tels que des momies), et ne nécessitent donc pas de respecter une quelconque chaîne du froid.

Il n’en va pas de même pour les vaccins basés sur des ARN messagers : leur structure, constituée d’un seul brin, est sensible aux enzymes qui découpent l’ARN (appelées « RNAses »). C’est la raison pour laquelle ces vaccins sont conservés à -70°C, pour éviter toute dégradation enzymatique.

Le vaccin de Pfizer et BioNtech entrant dans cette catégorie, certains observateurs ont souligné le défi logistique que représentera sa distribution.

Comment arriver à bon port ?

Les cellules eucaryotes (celles de tous les êtres vivants exception faite des bactéries et des archébactéries) contiennent un noyau qui renferme leur ADN, molécule support des gènes. Pour fabriquer une protéine, son gène est copié en ARN dans le noyau. L’ARN passe ensuite dans le cytoplasme où il servira de « guide d’assemblage ». Cette entrée a été publiée dans Santé le par .

[Santé] Covid-19. Cinq questions sur le vaccin promis par les laboratoires Pfizer et BioNTech


Les laboratoires Pfizer et BioNTech ont annoncé ce lundi 9 novembre que leur vaccin était efficace à 90 % contre le Covid-19. En quoi consiste ce vaccin ? Quand sera-t-il disponible ? Est-il si sûr ? On fait le point sur les questions qui se posent à ce sujet.

Une dose du vaccin Pfizer.
Une dose du vaccin Pfizer. | ILLUSTRATION DADO RUVIC / REUTERS

L’annonce a fait naître un immense espoir. Alors que le monde se bat contre la deuxième vague de l’épidémie de coronavirus, le vaccin contre le Covid-19, développé par Pfizer et BioNTech, est « efficace à 90 % » , ont affirmé ce lundi 9 novembre les deux laboratoires dans un communiqué.

« Aujourd’hui est un grand jour pour la science et l’humanité. Le premier ensemble de résultats de notre essai de vaccin Covid-19 de phase 3 fournit la preuve initiale de la capacité de notre vaccin à prévenir [cette maladie] », a déclaré le Dr Albert Bourla, président-directeur général de Pfizer.

La plupart des scientifiques ne misaient pourtant pas sur l’arrivée d’un vaccin avant l’été 2021. Alors, faut-il croire en cette bonne nouvelle ? On fait le point.

En quoi consiste ce vaccin ?

Le candidat-vaccin (BNT162b2) est un sérum à injecter à deux reprises, à trois semaines d’intervalle, développé par deux laboratoires, l’un américain, Pfizer, l’autre allemand, BioNTech.

Les 90 % d’efficacité correspondent à la protection observée sur un échantillon de participants à la phase 3 de l’essai clinique, c’est-à-dire l’étude du rapport entre les bénéfices contre les risques liés au vaccin.

L’« efficacité vaccinale » a été mesurée en comparant le nombre de participants infectés par le nouveau coronavirus dans le groupe qui a reçu le vaccin et dans celui sous placebo (substance sans principe actif mais dont la prise peut avoir un effet psychologique bénéfique sur le patient), « sept jours après la deuxième dose » et 28 jours après la première, ont expliqué les deux sociétés.

L’essai du nouveau vaccin, BNT162b2, a débuté fin juillet et s’est appuyé sur 43 538 participants à ce jour.

L’analyse intermédiaire a été menée après que 94 participants à l’essai ont développé le Covid-19.

Comment agit-il ?

Le vaccin Pfizer est, comme celui de la société de biotechnologie américaine Moderna, basé sur la technique dite de l’ARN messager : la molécule dit à nos cellules ce qu’il faut fabriquer.

L’ARN messager du vaccin s’insère et prend le contrôle pour fabriquer un antigène spécifique du coronavirus, la « spicule » du coronavirus, sa pointe si reconnaissable qui se trouve à sa surface et lui permet de s’attacher aux cellules humaines pour y entrer.

Cette pointe, inoffensive en elle-même, sera ensuite détectée par le système immunitaire qui va produire des anticorps, et ces anticorps vont rester. En somme, c’est l’organisme qui fait tout le travail.

Les essais cliniques sont-ils terminés ?

L’essai à grande échelle se trouve actuellement en phase 3, c’est-à-dire dans la dernière étape avant une demande d’homologation. Les « tests » quant à l’efficacité de ce vaccin ne sont donc pas officiellement terminés.

« L’essai clinique se poursuit jusqu’à l’analyse finale de 164 cas confirmés afin de collecter des données supplémentaires et de caractériser les performances du candidat-vaccin par rapport aux autres critères d’évaluation de l’étude », précise le communiqué.

Pfizer a indiqué qu’il rassemblait les deux mois de données sur la sécurité après la dose finale, exigées par l’autorité sanitaire américaine, la Food and Drug Administration (FDA), pour pouvoir « se qualifier » pour une autorisation d’utilisation d’urgence d’ici la troisième semaine de novembre.

Est-il aussi sûr que le dit le laboratoire ?

Premier hic, la technologie de l’ARN messager est une technique nouvelle, qui n’a encore jamais fait ses preuves à ce jour : aucun vaccin à ADN ou ARN n’a été approuvé pour l’homme. Des vaccins à ADN existent en revanche à usage vétérinaire : chevaux, chiens, saumons…

Le second hic, c’est que ni les médecins ni les participants ne savent s’ils ont reçu le vaccin ou le placebo. Impossible donc de savoir ce qui a causé la guérison.

Troisième petit bémol, lié au fait que les essais cliniques ne sont pas encore terminés, les résultats n’ont encore été publiés dans aucune revue scientifique. Donc, il n’y a pour l’heure « rien » pour attester de leur validité.

Si l’Organisation mondiale de la santé a salué ces résultats encourageants, elle a aussi fait preuve de prudence, en exhortant les autres laboratoires à continuer leurs recherches. « Cette nouvelle devrait encourager tous ceux qui développent des vaccins #COVID19 à poursuivre les essais cliniques », a tweeté Soumya Swaminathan, scientifique en chef de l’OMS.

Aucun vaccin n’a encore reçu d’approbation pour une distribution commerciale à grande échelle. Mais les autorités chinoises ont donné leur feu vert à une utilisation d’urgence pour certains de ces vaccins.

Selon l’OMS, dix essais cliniques de vaccins sont actuellement en phase 3 dans le monde, dont ceux de Moderna, de plusieurs laboratoires étatiques chinois et du britannique AstraZeneca, en collaboration avec l’université d’Oxford. Pfizer et BioNTech sont les premiers à rendre publics des résultats intermédiaires de ces essais.

La communauté scientifique s’est elle aussi montrée prudente face à l’arrivée rapide de ce vaccin, comme en témoigne le tweet du médecin Gilbert Deray de l’hôpital de la Pitié-Saplêtrière de Paris.

Quand ce vaccin sera-t-il disponible ?

Si ces résultats se confirment, les deux laboratoires pourraient demander une mise sur le marché à partir de la fin du mois de novembre, et les distribuer entre la fin de l’année 2020 et 2021.

« L’objectif annoncé est de fournir jusqu’à 100 millions de doses dans le monde d’ici fin 2020, et environ 1,3 milliard de doses d’ici fin 2021 », présentait un communiqué de Pfizer du 23 octobre.

L’Union européenne a annoncé « bientôt » finaliser son contrat avec les deux laboratoires pour l’obtention de 300 millions de doses. Selon une source européenne, l’Agence européenne des médicaments (EMA) est en train d’examiner les données du vaccin développé par Pfizer et BioNTech, et l’Union Européenne envisage toujours qu’un vaccin puisse être disponible « début 2021 ».

Après l’avis de l’EMA, c’est à la Commission européenne de trancher sur la mise sur le marché d’un vaccin dans l’UE. Le gouvernement américain, sous l’impulsion de Donald Trump, a aussi signé un contrat de 1,95 milliard de dollars avec Pfizer pour la livraison de 100 millions de doses, si jamais le vaccin était approuvé.




[Santé] Bien manger confiné : notre sélection de belles tables en livraison


Restaurateurs et producteurs s’organisent en ce deuxième confinement pour continuer leur activité, en livraison ou à emporter. Tour d’horizon.

Dans les cuisines du chef Mory Sacko, le 9 septembre, au Mosuke, son restaurant parisien, devenu Mosugo où il propose des formules à emporter.
Dans les cuisines du chef Mory Sacko, le 9 septembre, au Mosuke, son restaurant parisien, devenu Mosugo où il propose des formules à emporter. Photo Boby pour Libération

Après un confinement au printemps et quelques mois d’ouverture sous contraintes (protocole sanitaire rigoureux, couvre-feu…), les restaurateurs font face au confinement, saison 2, avec davantage de cordes à leur arc que la première fois. Ils semblent plus nombreux cet automne à s’être organisés pour préparer des repas à emporter (même s’ils devront fermer à 22 heures à Paris) ou en livraison. Continuer de faire travailler les restaurants et d’acheter de bons produits, malgré le reconfinement, c’est permettre à une chaîne économique (agriculteurs, vignerons, cavistes, épiceries fines, restaurants…) de survivre, bon gré mal gré – et c’est aussi se faire plaisir, ce qui n’est pas moins vital.


Des listes et des cartes répertoriant restos et producteurs sont disponibles en ligne, comme celle du réseau dédié à l’alimentation durable Ecotable. La plupart des adresses se trouvent à Paris ou à Marseille, mais on y trouve aussi des restos, des fermes et des épiceries à Montmédy (Meuse), Beauvoisin (Drôme), Giverny (Normandie), Nice, Montpellier, Orléans… Time Out dresse, lui, la liste de 50 restaurants parisiens qui livrent ou font de la vente à emporter. Le Guide Michelin recense les étoilés. Sur son site, Télérama propose aussi à ses abonnés une liste des meilleures adresses parisiennes qui ont mis en place une offre de vente à emporter.

Pour cette deuxième saison, Libé fait un tour d’horizon de restos et de producteurs qui vous aideront – et que vous pourrez aider – à passer ce confinement, avec au moins l’estomac satisfait.



Les producteurs :

Les Paniers mixtes : mise en place durant le premier confinement pour permettre aux fournisseurs des restos fermés de continuer à écouler leurs produits, cette plateforme propose des paniers de très bons fruits et légumes, mais aussi des produits de crémerie, de charcuterie (Maison Vérot), du café (Alain Ducasse), du cidre (Alain Caboulet)… Rendez-vous sur le site chaque lundi à 18 heures pour commander, avant de se faire livrer chez soi à Paris et dans plusieurs villes d’Ile-de-France, ou en points de retrait.  

Infos : https://lespaniersmixtes.fr/

Le Petit marché producteur, à Asnières (Hauts-de-Seine) : sur le même modèle, des produits de poissonniers, maraîchers, bouchers, crémiers… habituellement vendus en restaurants, sont proposés chaque semaine (liste et commande par mail) et à venir chercher le jeudi à un point de collecte à Asnières.

Infos : petitmarcheproducteurs@gmail.com


Les tables :

Paris

Origines : Julien Boscus propose chaque semaine un menu unique à 29 euros, à se faire livrer (avec supplément) au déjeuner ou au dîner ou à retirer sur place, dans le VIIIe. Par exemple : saumon Bömlo pêche durable en gravlax, avec une crème épausse fermière au raifort, betterave crapaudine et sarrasin soufflé ; poulet jaune des Landes, fricassée de champignons sauvages, gnocchis au parmesan et sauce au Savagnon ; pommes et raisins en clafoutis rustique et chantilly parfumée au sucre muscovado et à la cannelle.

Infos : https://origines-restaurant.shop-and-go.fr/

La Réserve at Home : Le double étoilé Jérôme Banctel propose des formules en 3 à 5 services (de 39 à 69 euros, hors livraison), un menu gibier (89 euros), une sélection de plats à la carte (tourte de gibiers, chevreuil, lièvre, tarte tartin…) et de vins à partir d’une vingtaine d’euros. À commander la veille avant 18h. Livraison autour de 20 euros.

Infos : https://lareserve-paris.bonkdo.com/fr/clickandcollect/

Pierre Gagnaire : pas de livraison à domicile mais du click and collect dans deux tables de Pierre Gagnaire. À Gaya, rue Saint-Simon (VIIe), on peut venir récupérer du tartare de bœuf, thon rouge et hareng fumé, un gratin d’oignons et côtes de blettes au Cantal, de la blanquette de veau au gingembre, des panna cottas coquelicot, grenade et guimauve et de belles quilles. À Piero, rue du Bac (VIIe), des plats italiens.

Infos : https://pierregagnaire.com/restaurants/gaya et https://pierregagnaire.com/restaurants/piero-paris

Mosugo : Le jeune chef Mory Sacko a momentanément transformé sa table du XIVe arrondissement, Mosuke, ouverte à la rentrée, en Mosugo, des formules à emporter (ça tombe bien, le kilomètre de sortie autorisé ne concerne pas les courses alimentaires), composées d’un plat (poulet ou aubergine frits) et d’un dessert, dans un esprit plus street-food que bistronomique. À partir de 19 euros.

Infos : https://mosugo.bonkdo.com/fr/clickandcollect/ms-fried-box-661

Lazare : Eric Fréchon, meilleur ouvrier de France, passé par le Bristol, le Crillon ou encore Taillevent, propose en click and collect ou en livraison, dans sa brasserie Lazare (sur le parvis de la gare du même nom), des classiques réconfortants (œufs mayo, maquereaux marinés, parmentier de canard, saucisse-purée…).

Infos : https://corporate.tiptoque.com/collections/page-chef-lazare

David Toutain : Le double étoilé David Toutain propose des formules (80 et 140 euros) et des plats à la carte à emporter, à commander la veille pour le déjeuner ou le dîner. Exemples : huîtres glacées au kiwi, crème fraîche acidulée ; cèpes meunières aux câpres et peau de poulet ; filet de canard et betteraves rouges aux baies de genièvre ; homard entier grillé, sapin Douglas et carottes fanes ; tourte de foie gras et pigeon, mousseline de légumes de saison ; parmentier de lièvre, salade de mâche ; financier amande et beurre noisette…

Infos : https://www.davidtoutain.com/a-emporter/

Septime : Avec Septime à la maison, en s’y prenant un peu à l’avance, on peut déguster chez soi les plats de la table de la rue de Charonne (XIe), où a déjà dîné Beyoncé (voilà de quoi mettre un peu de glamour dans son confinement). Formules entrée-plat-dessert (agneau confit, aïoli…) à 39 euros, quilles à partir de 23 euros.

Infos : https://www.septimealamaison.fr/


Hélène Darroze : Outre des burgers, la cheffe étoilée propose deux formules en retrait sur place (dans son restaurant Joia, du IIe) ou en livraison. Une à 45 euros, avec par exemple terrine de foie gras de canard des Landes au poivre Timut, chutney de fruits du moment ; velouté de potiron, compotée de confit de canard et champignons sauvages ; cochon de lait braisé, polenta aux châtaignes, échalotes confites ; mousse au chocolat et feuilleté praliné ; et une à 35 euros, presque aussi gourmande. Livraison en sus (15 euros).

Infos : https://joiahelenedarroze.bonkdo.com/fr/clickandcollect/

A Mi Chemin : Du soleil et de l’amitié à emporter grâce aux couscous (à partir de 15 euros) de Nordine et Virginie Labiadh. Les merguez sont du boucher star Hugo Desnoyer, c’est dire la qualité de cette belle cuisine qui propose aussi une divine salade mechouia (12 euros) et un délice fleur d’oranger et pistache (6 euros).

Infos : https://www.restaurant-amichemin.fr

Bistrot Paul Bert : Pas de livraison mais des plats à emporter au Bistrot Paul Bert, au 18 de la rue du même nom (XIe) : blanquette à l’ancienne ou blanc de poulet, crème et girolles (18 euros), gigot d’agneau, gratins daupinois ou saumon d’Ecosse vapeur (15 euros), Paris-Brest (7 euros)… Et la barquette de frites-mayo (7 euros) devrait faire passer le trajet en moins de deux.

Infos : @bistrotpaulbert sur Instagram

Le Four du Marais : Un mouchoir de poche où un très sympathique pizzaïolo confectionne une pâte très subtile (ni trop sèche, ni trop épaisse) généreusement garnie d’ingrédients ultrafrais. Mention spéciale pour la quatre fromages (13 euros) à laquelle on est abonné.

Infos : http://lefourdumarais.com/


Alsace

À Kaysersberg (Haut-Rhin), le chef doublement étoilé du Chambard Olivier Nasti relance son drive initié lors du premier confinement avec des menus (32 euros) qui changent chaque jour comme celui du 6 novembre: Entrée : Vitello tonnato; plat : gâteau de brochet, sauce riesling et riz sauvage; dessert : Tarte aux noix et chantilly maison. Les plats sont à retirer sur place, peuvent être livrés à domicile et dans des points relais à Mulhouse et à Belfort.

Infos : https://www.lechambard.fr


Beaune et France entière

Ferme de la Ruchotte : On ne présente plus Frédéric Ménager, le fameux fermier-aubergiste de la ferme de la Ruchotte à Bligny-sur-Ouche près de Beaune. Ses volailles comme ses légumes (tous en bio) respirent la nature et l’authenticité. Et sa cuisine est une leçon de goûts et de sincérité (pâté en croûte, pintade aux champignons des bois, charlotte aux pommes et aux coings…). À prendre sur place et expéditions sur toute la France.

Infos : https://www.facebook.com/LAFERMEDELARUCHOTTE/


Brest

Côté Brest a lancé une liste collaborative des tables qui ont lancé un service de vente à emporter ou de livraison.


Haute-Savoie

Jean Sulpice : Entre lac d’Annecy et montagne, Jean Sulpice, le chef doublement étoilé de l’Auberge du Père Bise continuer de cuisiner dans ce lieu mythique. Des commandes à retirer à la boutique du Père Bise, du vendredi au dimanche avec au menu du 6 au 8 novembre (36 euros): salade de légumes et fruits d’automne au curry; saint Jacques, risotto de courge et pied de cochon à la noisette du Piémont; Forêt-Noire. Dans les plats à partager, mention spéciale pour le pormonier (saucisse de porc au chou et épinard) en pâte feuilletée (7 euros).

Infos : https://www.facebook.com/aubergeduperebise


Lille

Le blog Avis des gourmets a mis en ligne sa carte des bonnes tables lilloises en click and collect ou en livraison, à retrouver en cliquant ici.


Lyon

Daniel et Denise : Meilleur ouvrier de France, Joseph Viola, à la tête des bouchons «à l’esprit canaille» Daniel et Denise, a mis en place cette année une offre de plats en click and collect (sur quatre sites lyonnais). Pâté en croûte au foie gras de canard, velouté de champignons et jambon truffé, suprême de volaille fermière aux écrevisses sauce Nantua, paleron confit de bœuf, gratin de pâtes à la crème, tarte aux pralines, pana cotta à l’abricot… À la carte à partir de 8 euros, menu 24,50 euros.

Infos : https://danieletdenise.fr/plats-a-emporter/


Marseille

Le journal La Provence a recensé dans cet article de bonnes adresses qui proposent la vente à emporter ou la livraison. Même initiative du Bonbon, à lire ici.


Palavas-les-Flots

Saint Georges : On en pince pour la belle cuisine entre terre et mer du Saint Georges où Paul Courtaux propose de déguster son inspiration dans l’assiette à emporter du vendredi au dimanche. Au menu à 25 euros: tarte fine de boudin, compotée d’oignons doux confits au Banyuls, crème à l’huile de truffe; thon de pêche palavasienne à la plancha, aïoli, gratin de blettes-épinard au parmesan; baba au rhum crème de mascarpone vanillée.

Infos : https://restaurant-st-georges.fr/


Rennes

Ouest-France propose une carte des commerces, y compris de bouche, qui restent ouverts pour la vente à emporter malgré le confinement.


France entière

Stéphanie Le Quellec, double étoilée, voit plus grand, avec des livraisons… dans la France entière. Il suffit de commander avant le mercredi sur le site de La Scène, pour être livré le vendredi : praires aux baies de genièvre ; terrine de foie gras, chutney de poire ; sardinettes à l’huile ; curry rouge de cabillaud, riz coco ; velouté de butternut et éclats de noisette ; pot-au-feu traditionnel, os à moelle ; belle côte de veau double, sauce crémeuse aux cèpes ; baba au rhum…

Infos : https://lascene.bonkdo.com/fr/clickandcollect/


Cette carte sera complétée au fur et à mesure des nouvelles initiatives de ce deuxième confinement. N’hésitez pas à nous suggérer vos bons plans producteurs et les belles tables de votre région : k.hullot-guiot@liberation.fr

Jacky Durand , Kim Hullot-Guiot


Merci à Pierre M. de nous faire saliver ainsi 😷